Droits des femmes, homosexualité ou monde du travail, trois BD qui invitent à regarder au-delà des apparences. Derrière les combats pour l’égalité, les préjugés ou l’image glamour de la mode, elles racontent des réalités moins visibles et celles et ceux qui doivent composer avec les normes de leur époque ou de leur milieu
La Marche des femmes : Celles qui ont ouvert la voie
Et si connaître les combats des femmes d’hier permettait de mieux comprendre les normes qui ont façonné leur histoire ? Avec La Marche des femmes, Michelle Perrot, Emma Ère, Annick Cojean et Sophie Couturier retracent l’histoire des droits des femmes, entre grandes figures et parcours moins connus. Un ouvrage publié aux éditions Albin Michel.
Michelle Perrot, Annick Cojean et Sophie Couturier, accompagnées par le dessin d’Emma Ère, proposent une promenade dans l’histoire des droits des femmes. Olympe de Gouges, Louise Michel et Simone Veil côtoient des ouvrières et des couturières moins connues. À travers les questions de Romy, le récit montre que les avancées sociales sont aussi le résultat de combats menés par des femmes dont les noms ont parfois été oubliés.
Le dessin accompagne ce voyage entre passé et présent, tandis que Paris devient un véritable terrain de découverte : « Viens, je t’emmène marcher dans la somptueuse allée des Reines de France et des Femmes illustres… Oui, rien qu’ça ! » Une phrase qui résume bien l’envie de rendre cette histoire accessible. Et derrière ces parcours, une idée forte : « J’affirme ma liberté pour affirmer celle des autres ».
Ces parcours montrent que les droits des femmes ne sont jamais acquis définitivement. En donnant une place aux grandes figures comme à celles dont les noms ont été oubliés, La Marche des femmes rappelle que chaque avancée est aussi le résultat de nombreuses voix.
La Marche des femmes de Michelle Perrot, Emma Ère, Annick Cojean et Sophie Couturier, éd. Albin Michel, 19,90 €.
© Michelle Perrot, Emma Ère, Annick Cojean et Sophie Couturier - Albin Michel,
Les Combats Invisibles, Fierté et préjugés
Comment vivre sa fierté quand les normes et les préjugés restent présents au quotidien ? Avec Les Combats Invisibles, Fierté et préjugés, Karim Alliane, Taous Merakchi et Mashi abordent les discriminations, les stéréotypes et les difficultés auxquelles les personnes LGBTQIA+ peuvent être confrontées. Un ouvrage publié aux éditions K Factory.
Dans Les Combats Invisibles, Fierté et préjugés, Noah décide de ne plus cacher son homosexualité et choisit une tenue qui lui ressemble, malgré les avertissements de son meilleur ami. Mais à son entrée en 3e, cette affirmation de lui-même l’expose aux moqueries et aux agressions. « Maintenant, je suis moi-même, et malgré les remarques, je souffre moins qu’avant, car je ne me cache plus ! »
À travers son parcours, Karim Alliane, Taous Merakchi et Mashi montrent les difficultés auxquelles peut être confronté un adolescent qui cherche simplement à s’affirmer. Le récit insiste aussi sur l’importance des alliés et face aux préjugés, Noah comprend qu’il n’a pas à tout affronter seul. « Et n’oublie pas : on ne s’excuse jamais d’être soi-même ! ». S’affirmer face aux préjugés demande du courage, mais aussi de savoir s’entourer.
Les Combats Invisibles, Fierté et préjugés de Karim Alliane (Auteur), Taous MERAKCHI (Auteur), Mashi (Illustrations) Ed. K Factory à 16,00€
© Karim Alliane Taous MERAKCHI Mashi K Factory
La Mode : le plus beau métier du monde
Quelles normes faut-il suivre pour trouver sa place dans le monde de la mode ? Avec La Mode : le plus beau métier du monde, Giulia Mensitieri et Danicollaterale s’intéressent aux personnes qui font vivre cette industrie et aux réalités qui se cachent derrière son image glamour. Une BD publiée aux éditions Delcourt.
Défilés, shootings, maisons de luxe, la mode fait rêver. Mais derrière cette image, les conditions de travail peuvent être difficiles. Adapté de l’enquête de Giulia Mensitieri, La Mode : le plus beau métier du monde, le récit montre un milieu où la réussite reste fragile : « On m’a pressée comme un citron, et un jour juste après un défilé, je me suis effondrée. Burn out total ».
Le dessin de Danicollaterale nous plonge dans les coulisses de cette industrie. La narration rend cette enquête accessible et donne envie d’en découvrir toujours davantage sur le fonctionnement de ce milieu. Le chapitrage permet de suivre ses différents aspects et de multiplier les témoignages. Une réalité résumée par cette phrase : « La mode est un milieu archi dur, parce qu’archi-subjectif. C’est ton tour et puis après ce n’est plus ton tour, tu es merveilleux et le lendemain tu es bon à jeter aux chiens ».
Stylistes, mannequins, coiffeurs.euses, vendeurs.euses ou retoucheurs.euses racontent leur quotidien et une réalité souvent marquée par la précarité. Le livre montre notamment que « son corps est avant tout un outil de travail qu’elle met à disposition pour la création des images » et permet de comprendre les rapports de pouvoir qu’on « la photographe et la styliste ». Une BD qui permet de regarder autrement celles et ceux qui font vivre la mode.
La Mode : le plus beau métier du monde de Giulia Mensitieri et Danicollaterale Ed. Delcourt, à paraître le 1er octobre 2026.
© Giulia Mensitieri Danicollaterale Delcourt


