En Russie, l'État a transformé l'homophobie en outil de répression systémique. Le 29 juin 2026, un tribunal d’Orenbourg a franchi un cap inédit en condamnant trois employés du bar LGBT Pose à des peines allant jusqu'à sept ans de prison pour « activisme extrémiste », une première sentence criminelle de ce type selon Reuters. Cette traque judiciaire étouffe la société civile : le Réseau LGBT russe, pilier historique de la défense des droits depuis 2006, a annoncé la cessation définitive de ses activités en août 2026. Classé « extrémiste » à huis clos par la justice de Saint-Pétersbourg, le collectif a préféré se dissoudre, déclarant : « nous ne pouvons pas contrôler l'environnement répressif (...), la sécurité des gens est prioritaire. »
L'absurdité répressive touche le quotidien des russes et en particulier la culture. À Moscou, un jeune homme de 24 ans a écopé de dix jours de prison pour un simple chandail portant le mot « LOVE » aux couleurs de l'arc-en-ciel. Dans les librairies, les pages mentionnant les minorités sexuelles dans l'autobiographie du pape François ont été recouvertes d'encre noire. L'offensive s'étend même au virtuel : le Kremlin impose désormais aux intelligences artificielles de passer des tests de conformité interdisant toute référence aux LGBT+.
