La série contre le masculinisme

Julien Claudé-Pénégry

Après la troublante série Mon Petit Renne, le créateur écossais Richard Gadd revient sur HBO Max avec Half Man, une fresque viscérale qui dissèque la toxicité des liens fraternels et la violence masculine sur quatre décennies. L’histoire s'ouvre sur Niall, un adolescent harcelé dont le quotidien bascule quand Ruben, le fils du nouveau compagnon de sa mère, entre dans sa vie. D'une amitié ambiguë forcée à une emprise destructrice, la série scrute la genèse intime des traumatismes.

Cette nouvelle création reste fidèle aux obsessions du réalisateur. Tiraillé de toutes parts, le spectateur est bringuebalé dans les sentiments qui le submergent. Une envie de rébellion criante nous écrase littéralement sous le poids de l’inconfort. Face à cette violence exacerbée, cette mini-série en six épisodes est un uppercut.Portée par des acteurs incandescents et une mise en scène suffocante, la série évite le manichéisme et brille par sa radiographie du malaise ambiant qu’elle dissèque. On ne sort pas indemne de cette production. Les scènes s'enchaînent crescendo, et l'on plonge dans une surenchère qui met autant mal à l’aise que juste. Brutal, salvateur et nécessaire, cet électrochoc est à voir d’urgence.

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