Pour son premier long-métrage Leviticus, révélation de Sundance, le cinéaste australien Adrian Chiarella dynamite les carcans du genre en signant un cauchemar queer aussi vénéneux que bouleversant.
Dans une bourgade reculée d'Australie, deux adolescents, Naim et Ryan, voient leur liaison secrète révélée par une communauté évangélique rigoriste. Soumis à des rituels de thérapie de conversion barbares orchestrés par un mystérieux guérisseur, les jeunes amants libèrent par inadvertance une entité maléfique. Le concept, redoutable d'ingéniosité, tord le cou au mythe de It follows (un film d'horreur culte) : le monstre change de forme pour revêtir les traits de la personne que les victimes désirent le plus.
Porté par une réalisation poignante et suffocante, Chiarella filme la ferveur et la peur avec une acuité rare. La mise en scène, à la fois sensuelle et glaçante, exploite la beauté écrasante des décors régionaux pour mieux enfermer ses personnages dans une nasse paranoïaque. Face caméra, le tandem formé par Joe Bird (remarqué dans Talk to me (La Main) ) et Stacy Clausen irradie le métrage d'une vulnérabilité désarmante. Comme l'a souligné The Hollywood Reporter, les deux acteurs jouent ce cauchemar éveillé « avec la douleur et le désespoir appropriés », épaulés par une Mia Wasikowska vénéneuse en diable.
Au-delà de ses jump-scares et de sa noirceur graphique, l'enjeu du film frappe là où ça fait mal. Leviticus transforme l'intolérance religieuse en une tragédie fantastique : quand aimer son prochain est érigé en péché mortel, le sentiment amoureux devient littéralement une menace existentielle. Une œuvre coup de poing qui rappelle, la gorge nouée, que le véritable monstre n'est pas tapi dans l'ombre, mais bien dans l'intolérance des hommes.
Angoissant !
Sortie le 7 octobre 2026

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