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Articles | Brèves
  • La Cour suprême de Finlande a statué. Pour avoir qualifié l'homosexualité de « trouble du développement psychosexuel » dans un pamphlet publié en 2004, l’ancienne cheffe de file du parti des Chrétiens-démocrates et ex-ministre finlandaise de l’Intérieur, Päivi Räsänen, vient d’être définitivement jugée coupable d’insultes LGBTphobes. Elle est condamnée à une amende de 1 800 €.

    Invoquant la liberté d’expression, elle envisage de faire appel auprès de la Cour européenne des Droits de l’Homme. Dans le même élan, l’évêque Juhana Pohjola de la fondation luthérienne de Finlande, qui a publié l'ouvrage, a également été sanctionné ; la fondation devra, quant à elle, s’acquitter d’une amende de 5 000 €.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Adieu les scènes de concert, place aux plateaux de tournage. Après avoir conquis la planète avec son reggaeton, Bad Bunny s'attaque au septième art avec son premier grand rôle principal dans un long-métrage dédié à son île natale : Porto Rico. Loin d'un simple caméo, l’icône portoricaine incarnera un personnage central dans ce projet porté par le rappeur Residente, qui passe derrière la caméra.

     

    Selon Le Parisien, cette collaboration s'annonce explosive : « c’est la rencontre d’une flamme avec une dynamite ». Une métaphore qui souligne l'intensité attendue de cette fresque sociale et culturelle. Le film explore l'histoire complexe de Porto Rico. Pour Bad Bunny, ce passage au cinéma n’est pas un hasard de calendrier après sa performance au Super Bowl, mais une étape logique. L'artiste souhaite utiliser sa notoriété pour mettre en lumière les luttes de son peuple : « c’est un rêve de pouvoir raconter nos propres histoires », aurait confié l'artiste au magazine Premiere. Le rendez-vous est pris, et il s'annonce déjà historique.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • On ne s’attendait pas à un programme progressiste de la part du chef de file de la droite « classique » pour les présidentielles. Dans la foire d’empoigne avec le RN et pour tenter de ramener des électeurs dans le giron de LR, Bruno Retailleau souhaite un « moratoire sociétal » sur tous les sujets de société.

    Dans son programme : IVG, fin de vie, PMA, droits LGBT, autant de sujets seraient mis sur pause s’il est élu. Pas de retour en arrière, c’est déjà ça, mais on ne peut pas dire qu’il représente le progressisme. On lui dit que la société a évolué au 21ème siècle ? Chiche !

    Bruno De
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  • Selon un sondage IFOP, les deux partis extrêmes se hissent en tête des intentions de vote des LGBT+ aux présidentielles : Bardella 27%, Mélenchon 25%, soit 10 à 15 points de plus que lors du dernier sondage de 2022. 56% des personnes LGBT+ interrogées affirment être de gauche, contre 44% de la population française, le RN recueillant 10 points de moins que dans l’ensemble de l’hexagone.

    Si LFI ne représente pas un danger pour les droits LGBT+ et pouvant se targuer d’un certain progressisme, du côté du RN, on en est loin. IVG, thérapies de conversion et autres sujets fondamentaux, le parti d’extrême-droite ne s’est jamais distingué par ses positions progressistes au niveau sociétal. Et ce n’est pas en usant de grossiers coups de com’, comme se targuer d’avoir le plus grand nombre de députés LGBT+ ou comparer Marine Le Pen à Mylène Farmer, qui changeront le fond idéologique…

    Bruno De
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  • L’élection de Dominik Krause à la tête de la capitale de la Bavière est un double symbole historique. En plus de devenir, à tout juste 35 ans, le 1er maire écologiste de la ville de Munich après 42 ans aux mains du SPD, l’édile est ouvertement gay. Celui qui se surnomme « Bürgaymeister » a remporté le second tour avec 56,4 % des voix après une remontée fulgurante entre les deux tours, alors qu’il plafonnait au premier tour à 29,5 %. Une campagne sur les réseaux sociaux ultra-active autour des transports et des logements semble avoir fait la différence.

    Les larmes aux yeux, il a remercié les Munichois de leur confiance au soir de sa victoire et en a profité pour embrasser face caméra son compagnon, Sébastien Müller, avec qui il est fiancé depuis 2024, en déclarant : « l'amour de ma vie, sans qui tout cela n'aurait pas été possible. » Une élection qui dame le pion aux homophobes et démontre l’ouverture d’esprit de l’une des villes les plus importantes d’Allemagne.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Derrière ce prénom un chouilla désuet se cache un festival pluridisciplinaire, inspiré par la révolutionnaire des sexes, Monique Wittig : « dans cette période où les violences systémiques s’exacerbent, où les espaces de liberté se réduisent, où les corps se crispent sur eux-mêmes, Chez Monique se veut un endroit refuge et ose encore les horizons et imaginaires grands ouverts ». Les 8 et 9 mai, on pourra picorer de tout, des trucs et des machins parmi ateliers, discussions, stands, performances, de belles propositions avec le Cirque Queer, Habibitch, Grace & Volupté Van Van.
    Programmation : chezmonique.fr.

    Bruno De
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  • Iconique Farmer

    Isabelle Marc décortique le mythe Farmer chez Seuil, révélant comment la « diva pop » a sculpté les métamorphoses de la France. Dans cet essai riche et palpitant de la collection Traverse, Isabelle Marc déploie une écriture fluide, fuyant l’hagiographie pour une analyse chirurgical de la plus célèbre rousse du panthéon de la musique française. Elle explore comment Mylène Farmer a transcendé la simple chanson pour devenir un phénomène culturel total. Transgressive, l’artiste a imposé des imaginaires mélancoliques et originaux, profondément ancrés dans les réflexions sur le genre et la sexualité, bien avant les débats contemporains. L’autrice dissèque avec brio cette figure de diva qui, derrière ses silences médiatiques, les mystères qui l’entourent, révèle les évolutions d’une société française en quête de nouvelles représentations.

    En mêlant musicologie et sociologie, Isabelle Marc démontre que Farmer n’est pas qu’une star, mais une architecte d’un parcours hors catégorie, celui d’une star de pouvoir, d’engagements qui fascine autant qu’elle intrigue. Concept unique, Mylène Farmer nous est exposée comme jamais auparavant.  Un ouvrage percutant qui transforme la pop en un objet d’étude sérieux, indispensable pour comprendre cette icône qui défie les codes depuis quarante ans.
    Mylène Farmer, la diva pop, de Isabelle Marc, Ed. Seuil, coll. Traverse, 192 Pages, 19€

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Après le séisme des Vilaines, l’autrice argentine revient chez Métailié avec un recueil viscéral où la fureur des marges se transforme en un sacre poétique. L’écriture de Camila Sosa Villada est un organisme vivant, un mélange sidérant de crudité organique et de fulgurances baroques qui refuse tout misérabilisme. Elle ne se contente pas de décrire la marge ; elle l’incarne avec une langue au scalpel, transformant la fange en or pur.

    Au cœur de Córdoba, elle convoque parias et travestis dans un théâtre de réalisme magique où la solitude devient un rituel sacré. C’est une œuvre intime qui palpite d’une humanité désarmante, sans jamais trahir la dignité de ses corps écorchés. Si la puissance de sa voix emporte tout, le format de la nouvelle impose quelques baisses de tension, certains récits s’effleurant quand d’autres vous terrassent en trois pages. Mais cet éclat inégal n’altère en rien la force de ce cri nécessaire, prouvant que l’amour, même « idiot », reste l’ultime boussole de ceux que le monde préfère oublier.
    Je suis idiote de t’aimer, de Camila Sosa Villada, Ed. Métailié, 200 Pages, 21€.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Dalida, la confidente

    théâtre

    Le spectacle Fini la comédie ! Mes confidences à Dalida s’invite à la Scène Parisienne. Deux dates pour ce seul en scène jubilatoire qui a fait preuve au Festival Off d’Avignon 2025, en galvanisant le public.

    On vous fait le pitch : Fred Faure, podologue de son état, livre son parcours intime et fantaisiste, un « hymne à l’amour qui invite à la tolérance et à l’acceptation des différences ». Sous le regard complice de sa « bonne fée Dalida », il revisite les tubes de l’icône – de Bambino à Il venait d’avoir 18 ans – liés aux étapes de son aventure humaine. En robe à paillettes, identités et préjugés s’effondrent dans un éclat de rire libérateur. Écrit par Fred Faure et Frantz Morel à l’Huissier, mis en scène par Sophie Delmas, ce théâtre musical autobiographique séduit par sa tendresse et son audace. Un show percutant, léger, énergique et efstif qui fait énormément de bien au moral.

    Rendez-vous le dimanche 12 à 16h30 et le lundi 13 avril à 19h30.
    Infos et billetterie : www.lasceneparisienne.com

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Lee Tao signe une pépite homo vibrante aux éditions Kinky. Une célébration de l’amour entre garçons qui croque la vie à pleines dents avec une audace rafraîchissante. Lee Tao bouscule les codes de la BD avec Juicy Peach, la vie est gay !. Son trait, moderne et acidulé, insuffle une vitalité folle à ce récit initiatique.

    L’écriture est vive, ponctuée d’un humour percutant qui désamorce les tabous sans jamais perdre en intensité émotionnelle. L’auteur excelle à capturer l’intimité des « petits riens », de Da-tao et Tao-Dee, un couple comme tous les autres rendant sa chronique aussi touchante que riche de sens. La force majeure de cet ouvrage réside dans sa lumière : on s’écarte des clichés sombres pour embrasser une joie de vivre communicative dans une succession de strips d’une page aux accents tantôt comiques, tantôt coquins, mais jamais éloignés de nos quotidiens, qui vous fera assurément sourire. C’est vif, incisif, attachant, et juste.

    L’énergie graphique et l’authenticité du propos emportent tout sur leur passage. L’artiste taiwanais Lee Tao livre une œuvre solaire où aucun sujet n’est mis au placard ici. Un miroir nécessaire pour une jeunesse en quête de représentations positives. 
    C’est une lecture qui pulse, rafraîchit et émeut, est méne d’une main de chef par l’un des premiers artistes asiatiques à représenter l’homosexualité dans l’espace public. Un acte politique autant qu’artistique qui est à dévorer sans modération.
    Juicy Peach, la vie est gay ! de Lee Tao, Ed. Kinky, 15€.

    Julien Claudé-Pénégry
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