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  • Au cœur du Paris lesbien des années 90

    Littérature-Librairie

    Alors les filles !, El Scandalo, Les Scandaleuses, le Boobsbourg : ces noms résonnent comme les sanctuaires d’une mémoire nocturne trop souvent effacée. Des années 1990 à 2004, Nicole Miquel a tenu ces quatre bars lesbiens emblématiques à Paris, armée de son appareil photo. L'ouvrage Chez Nicole, Une histoire de bars lesbiens (préfacé par Lucile Dumont) rassemble ses archives intimes.

    À travers 176 pages de portraits et de souvenirs, l'ancienne tenancière documente la puissance des liens communautaires qui se tissent au comptoir. Un beau livre photo de résistance et d'archives politiques, indispensable pour redonner des couleurs à l’histoire des nuits queer parisiennes. Cette sortie annoncée le 29 octobre sera accompagnée d’une expo de lancement par Les Archives Lesbiennes avec des photos d’archives de ses trois bars.

    Chez Nicole, Une histoire de bars lesbiens, Ed. Hystériques et AssociéEs,176 pages, 28€.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Hollywood ferme ses portes au prochain projet de Lilly Wachowski. La cocréatrice de Matrix se heurte à une fin de non-recevoir des studios pour financer un long-métrage doté d'un « casting fait exclusivement d'acteurs trans ».

    Interrogée par la radio américaine KCRW, la cinéaste a dénoncé cette frilosité structurelle : « personne ne veut le faire, c'est un mur », confie-t-elle, pointant le refus persistant des grandes sociétés de production à parier sur une visibilité queer totale.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Derrière ce prénom un chouilla désuet se cache un festival pluridisciplinaire, inspiré par la révolutionnaire des sexes, Monique Wittig : « dans cette période où les violences systémiques s’exacerbent, où les espaces de liberté se réduisent, où les corps se crispent sur eux-mêmes, Chez Monique se veut un endroit refuge et ose encore les horizons et imaginaires grands ouverts ». Les 8 et 9 mai, on pourra picorer de tout, des trucs et des machins parmi ateliers, discussions, stands, performances, de belles propositions avec le Cirque Queer, Habibitch, Grace & Volupté Van Van.
    Programmation : chezmonique.fr.

    Bruno De
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  • Un tag a été apposé sur une photo présentant deux hommes portant une pancarte « not married but willing to be » (« pas mariés mais souhaitant l’être »). L’inscription au marqueur noir « Lévitique 18:22 » fait référence à un verset de l’Ancien Testament : « tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination ». L’exposition à l’église protestante Saint Guillaume réunit 30 clichés d’hommes amoureux issus de la collection américaine de Hugh Nini et Neal Treadwell, pris entre 1850 et 1950, alors que l’homosexualité était encore un délit. L’acte a été dénoncé par l’organisateur de l’exposition, tandis que le pasteur de l’église a porté plainte. Ce dernier avait déjà reçu des menaces de mort en 2023.

    Bruno De
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  • Moche comme un pou

    théâtre

    « On ne naît pas garçon manqué, on le devient »(Simone de Bavoir).
    Elle a été diagnostiquée très jeune FP (féministe précoce) et estampillée à gros coup de tampon « lesbienne » alors qu'elle n'était même pas consciente de son orientation romantique. Elle réunit à elle seule, en une heure et en une vie, tous les stéréotypes et les préjugés qu'on peut avoir sur les hommes, les femmes, l'amour, les féministes, les homosexuel.les, le mariage, la parentalité.
    Elle, ce sont ces deux femmes : l’une aujourd'hui, l'autre qui subsiste à l'intérieur, au-delà des apparences, comme si le destin ne l'avait pas décoiffée.
    Entre Ironie du sort et autodérision, une introspection en duo qui manie avec élégance l'art de se moquer des idées reçues. Avec Andromak Pequatre et Angélique Daélia. Jusqu’en juin 2026 à la Divine Comédie, 2 rue Saulnier, 75009 Paris.

    https://www.billetreduc.com/spectacle/moche-comme-un-pou-393566.

    Bruno De
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  • Depuis juin, la chaine HBO propose un documentaire intitulé Enigma, qui dévoile les destins croisés de deux figures emblématiques de la communauté transgenre, avec en toile de fond le mythique club parisien Le Carrousel des années 1950. April Ashley, devenue mannequin et défenderesse des droits trans, a vécu une vie marquée par la révélation publique de son identité en 1961 et un procès qui a défini la législation britannique sur le genre pendant des décennies. À ses côtés, Peki D’Oslo, alias Amanda Tap, nie toute identité transgenre, évoquant un parcours qui lui a permis de façonner une image différente et d’affirmer son autonomie. 
    La réalisatrice Zackary Drucker, elle-même femme trans, explore ces histoires où identité, mémoire et survie se mêlent, révélant que certains choisissent de s’affranchir des conventions pour créer leur propre récit. Un film saisissant qui questionne les notions d’identité et d’héritage.

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    Julien Claudé-Pénégry
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  • Si vous n’avez pas eu le temps d’écouter sur France Culture le 22 juin un épisode passionnant de « Toute une vie » consacré à Coccinelle (1931-2006), figure emblématique de la scène parisienne et pionnière du mouvement transgenre en France, vous pouvez vous rattraper en replay.

    Nous vous en avions parlé lors de la sortie de la bande dessinée de Gloria Ciapponi Coccu-ibelle : chercher la femme (éd. La Boîte à Bulles) qui retraçait sa vie. Réalisé par Nathalie Salles et signé Camille Desombre, ce documentaire radiophonique d'une heure offre une plongée intime dans la vie de Jacqueline Dufresnoy, alias Coccinelle, qui a marqué l’histoire du cabaret et des luttes LGBTQ+.

    Femme d’exception

    Grâce aux témoignages de celles et ceux qui l’on côtoyés, et inspirés notamment Zize Dupanier son dernier époux, mais aussi Bambi, La Briochée ou encore Romain Brau, nous parcourront une vie hors du commun. Née à Montmartre, issue d’une famille ouvrière, elle se distingue très tôt par sa sensibilité et ses manières délicates, moquée sous le surnom de « Petite Princesse ». Adolescente, elle rejoint le cabaret Madame Arthur, où elle devient rapidement une étoile, prenant le nom de scène Coccinelle. En 1959, elle réalise une avancée historique en obtenant la modification de son genre sur ses papiers d’identité, malgré l’opposition législative et les traitements dégradants subis par les personnes trans à l’époque.

    Femme libre

    Son talent la propulse sur la scène mondiale, notamment à l’Olympia en 1963 avec le spectacle « Chercher la femme » Elle enchaîne tournées, films et collaborations artistiques, incarnant une icône de liberté et de glamour. Sa carrière décline dans les années 80, mais elle reste une figure emblématique, notamment à Berlin, puis à Marseille, où elle ouvre un restaurant avant de s’éteindre en 2006.

    Femme de combats

    Aujourd’hui, son nom reste peu connu du grand public, mais son héritage est indélébile. La promenade Pigalle portant son nom et sa place dans l’histoire queer illustrent la reconnaissance tardive mais sincère de son rôle de pionnière. Le documentaire de France Culture, à travers témoignages et archives, célèbre une femme de courage dont le parcours continue d’inspirer la lutte pour la visibilité et la liberté des personnes trans. Un hommage vibrant à une légende qui a su allier beauté, talent et résilience. A écouter pour mieux explorer la vie d’une personnalité exemplaire pour nos communautés. 

    www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/toute-une-vie/coccinelle-1931-2006-reine-des-cabarets-7991690

    Portrait de Coccinelle - © inconnu, avec l'aimable autorisation de Thierry Wilson

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Etre soi chez les De Niro

    cinema

    Alors que son père a été salué par une Palme d’Honneur pour l’ensemble de sa carrière au Festival de Cannes, Ayrin De Niro, fille de Robert De Niro, a annoncé son coming-out en tant que femme transgenre dans une interview au média Them. 
    À 29 ans, elle partage son parcours marqué par les injonctions et la quête d’identité. Élevée loin des projecteurs, elle souligne que son père voulait qu’elle trouve sa propre voie, distincte de son nom. Après des années de doute, Ayrin a entamé une thérapie hormonale, inspirée par des modèles féminins forts. Son témoignage intervient dans un contexte politique tendu, la communauté trans étant visée par certains dirigeants comme Trump. Fière et déterminée, elle veut inspirer et défendre la dignité et l’acceptation de soi, affirmant : « je ne suis pas là pour plaire. Je suis là pour être moi. »

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Queer : une quête de connexion

    cinema, Littérature-Librairie

    Dans « Queer » de William S. Burroughs, nous sommes invité.e.s à suivre Lee, un personnage en quête de sens. À travers ses réflexions et ses rencontres, l’auteur explore le désir humain et la souffrance.

    Burroughs présente Lee comme quelqu’un d’autodestructeur, « désespérément avide de contact », mais aussi perdu dans ses doutes sur lui-même et sur ce qui le pousse à agir. On le voit ainsi s’efforcer « d’établir un contact tacite » pour créer une relation intime avec un certain Allerton. Mais malgré ses efforts, leur connexion demeure fragile. Chaque échec de leur rapprochement est vécu comme une souffrance pour Lee, une douleur qui semble « trancher l'âme » ce qui le blesse, « comme si son cœur saignait ».  L’auteur montre ainsi l’incapacité de Lee à se comprendre, sans le miroir de l’autre et avec pour risque d’engendrer une souffrance intérieure. Au point de s’y perdre ?

    Le voyage intérieur

    Le voyage de ce duo, à travers le Mexique des années 1940, en quête de Yage, symbolise le voyage intérieur du personnage. Lee croit que ce déplacement pourra réinventer sa relation. Mais son obsession de façonner la réalité, l’éloigne de ce qu’il vit : « je pourrais peut-être découvrir un moyen de refaçonner le réel à ma convenance ». Burroughs nous montre que vouloir tout contrôler peut devenir oppressant mais accepter la réalité est la clé pour accéder à la sérénité. Une interprétation qui a été approfondie sur grand écran et qui capture, en images, cette lutte intérieure.

    Film et Roman : mêmes quêtes, différentes perspectives

    On imagine que l’adaptation cinématographique de Queer permettra de capter un peu plus l’essence de du livre et de mieux l'appréhender en offrant une mise en scène et des silences qui en disent autant que des dialogues. C’est aussi un hommage visuel avec Daniel Craig, connu pour ses rôles de personnages durs (notamment dans les films de James Bond), qui apporte une dimension particulière à ce rôle. Le roman de Burroughs donne un ressenti d’avant-garde pour l'époque, dans sa vision des relations humaines et du désir. Et là où le roman permet une immersion forte, le film donne un autre regard sur cette histoire.

    Créer des liens

    Queer n’est pas qu’une quête romantique mais une réflexion sur la dépendance et le désir. Dans l’univers troublant de Lee, Burroughs ne nous livre pas de réponses toutes faites, mais nous met face à l’imperfection des relations. Peut-être que la vraie question n'est pas de trouver l'amour, mais de voir comment ces rencontres, parfois difficiles, nous aident à évoluer dans notre vie.

    Queer de William S. Burroughs, Ed.  Satellites, 9€

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le Centre communautaire invite les artistes d’Alsace à transformer son accueil et sa médiathèque en véritable galerie d’art. Des œuvres en lien avec l’engagement et la fierté seraient donc fortement appréciées, autant qu’une visibilité pour les artistes et collectifs LGBTI.

    Si intéressé, on peut contacter l’association par mail à contact@lastation-lgbtqia.eu ou sur instagram.com/la_station_lgbti.

    Bruno De
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  • La série à succès Arcane de Netflix, produite par le studio français Fortiche Productions, a subi des modifications pour sa diffusion en Chine. Des scènes mettant en avant une romance lesbienne entre les personnages Vi et Caitlyn ont été censurées.

    En effet, les baisers entre ces deux personnages ont été supprimés, et certaines interactions affectueuses, comme Caitlyn posant sa tête sur l'épaule de Vi, ont été altérées. Des internautes ont remarqué que la version chinoise avait effacé ces éléments pour masquer leur relation. D’autres films avaient par le passé subi des corrections similaires. Cette censure s'inscrit dans un contexte où le gouvernement chinois renforce sa surveillance sur des thèmes jugés « sensibles », tels que la sexualité, la violence et la politique.

    Julien Claudé-Pénégry
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