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  • Elio de Pixar concourait pour le meilleur film d’animation aux Oscars 2026. Etre en lice pour ce trophée est déjà une belle récompense, mais celle-ci aurait pu avoir une saveur encore plus agréable si l’histoire de ce petit garçon orphelin à l’origine queer n’avait vu son identité rabotée sous des prétextes fallacieux. Revenons sur les faits.

    Alors que Disney tente de retrouver sa recette miracle au box-office, son fleuron de l’animation, Pixar, vient de trancher dans le vif : l’intrigue LGBTQ+ initialement prévue dans le film Elio a été purement et simplement gommée. Selon les informations révélées par Le Figaro, cette décision radicale fait suite à une phase de « réécriture intensive » visant à recentrer le récit. Le film, qui conte l’odyssée d’un garçon propulsé ambassadeur de la Terre auprès d’un conseil d’extraterrestres, ne s'encombre plus de cette thématique jugée « non essentielle » par la direction actuelle. « Le studio cherche à revenir à des histoires plus universelles et moins clivantes après les échecs relatifs de ces dernières années », précise une source interne citée par les observateurs de l'industrie. La censure et la bien-pensance, moteurs de rentabilité sont privilégiées au grand désarroi des fans de la firme pourvoyeuse de rêves.

    Money is money.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • 300 ans de poésies érotiques

    Vilains gaillards, ce fut d’abord un spectacle, initié et mise en scène par notre confrère journaliste Luc Biecq et mis en bouche par les comédiens Vincent Gaillard et Vincent Vilain. Une lecture gourmande, drôle et émouvante de poèmes érotiques gays du XIXe et XXe siècles, qui a enchanté les nuits d’Olympe, le restaurant-cabaret inclusif de Pantin. C’est désormais un recueil érudit, édité par La Musardine. On y retrouve des auteurs connus comme Rimbaud, Verlaine ou Apollinaire et son troublant VoyouSa queue éclatait sous mes lèvres. Comme une prune de juillet »), mais aussi des pépites oubliées comme le magnifique Sonnet pour l’Androgyne de Francis Latouche (mort à 28 ans !) ou la frondeuse Pipe au bois d’Albert Glatigny (« Je suis celui qui suce ! Au détour des sentiers… »). Le trio aux manettes voulait « une représentation vive, un hommage explosif et pétaradant aux orgasmes, aux plaisirs, au charme furtif – ou durable – des rencontres rapides, ratées ou délicieusement joyeuses ». Mission réussie.

    On se délecte de ces « coïts de lascars » et autres « ébats passionnés », souvent très crus, jouant avec les interdits et le mélange des classes sociales. Grâce à ce projet, ils ont une seconde vie salutaire, loin de la censure et de la morale bourgeoise.


    Vilains gaillards, de Luc Biecq, éditions La Musardine, 18€. En librairie depuis le 13 mai. 
    Signature aux Mots à la Bouche (Paris) le 28 mai  avec lecture des poèmes par Vincent Gaillard et Vincent Vilain 
    et reprise de la lecture- spectacle chez Olympe (Pantin) le 11 juin.

    Yannick Barbe
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  • Paris: Marilyn sous toutes les coutures

    Une goutte de Chanel N° 5 pour tout vêtement, et un regard qui défie le temps. Soixante ans après sa disparition, l’ombre vaporeuse de Marilyn Monroe vient de nouveau hanter les écrans de la Cinémathèque française. La rétrospective baptiosée sobrement Marilyn Monroe : 100 ans ! qui se tient jusqu’au 26 juillet 2026, ne se contente pas de célébrer le sex-symbol ; elle réhabilite l'actrice totale.

    Du Technicolor flamboyant de Les Hommes préfèrent les blondes à la mélancolie crépusculaire de The Misfits, le parcours balaie les clichés pour révéler une technicité hors pair. On y découvre une Monroe architecte de son propre mythe, maniant l’autodérision avec une précision chirurgicale.

    Le cycle argumente brillamment que derrière le célébrissime « poupoupidou », se cachait une travailleuse acharnée de l'Actors Studio, capable de fragiliser l'objectif par sa seule présence. Une immersion nécessaire pour comprendre comment Norma Jeane a fini par dévorer Hollywood, avant d'entrer définitivement dans l'Histoire.
    Infos et réservations : cinematheque.fr

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Une Reine des neiges LGBTQ+ ?

    Depuis la sortie du premier volet en 2013, le mystère entourant la vie sentimentale d'Elsa passionne les foules. Face à l'ampleur du mouvement #GiveElsaAGirlfriend, Jennifer Lee, co-réalisatrice et directrice créative de Disney, a enfin apporté une réponse aux fans. Interrogée par le média Billboard, la scénariste s'est dite « ouverte » à l'idée d'offrir une compagne à la Reine d'Arendelle. « Nous avons énormément de conversations à ce sujet », a-t-elle confié, tout en précisant que l'évolution du personnage dépendra avant tout de la direction narrative choisie par l'équipe.

    Si rien n'est encore gravé dans le marbre pour les futurs volets, cette déclaration marque un tournant historique. Disney, souvent critiqué pour sa prudence, semble prêt à écouter une audience avide de représentation LGBTQ+. Affaire à suivre.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Audace et élégance. Le Palais Galliera ressuscite le siècle des Lumières, non comme un vestige, mais comme un désir persistant. L'exposition La mode du 18e siècle : un héritage fantasmé décortique ce dialogue entre paniers d'antan et podiums d'aujourd'hui. Ici, la soie s’encanaille et le corset se libère de sa rigueur historique pour devenir pur objet de style.

    « La mode se joue des codes dans un mouvement de reprise-relance toujours créatif », souligne Pascale Gorguet Ballesteros, commissaire de l'exposition. Entre une robe à la française et les réinterprétations baroques de Vivienne Westwood ou Dior, le parcours révèle un « paradis perdu » qui n'a cessé de hanter l'imaginaire des couturiers.

    Loin des clichés poussiéreux, l’exposition prouve que cet héritage est une matière vivante. Le 18e n'est plus une époque, c'est une esthétique réinventée : une silhouette « fantasmée » où le luxe d'hier devient l'audace de demain.
    Infos et réservations : palaisgalliera.paris.fr

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Adieu les scènes de concert, place aux plateaux de tournage. Après avoir conquis la planète avec son reggaeton, Bad Bunny s'attaque au septième art avec son premier grand rôle principal dans un long-métrage dédié à son île natale : Porto Rico. Loin d'un simple caméo, l’icône portoricaine incarnera un personnage central dans ce projet porté par le rappeur Residente, qui passe derrière la caméra.

     

    Selon Le Parisien, cette collaboration s'annonce explosive : « c’est la rencontre d’une flamme avec une dynamite ». Une métaphore qui souligne l'intensité attendue de cette fresque sociale et culturelle. Le film explore l'histoire complexe de Porto Rico. Pour Bad Bunny, ce passage au cinéma n’est pas un hasard de calendrier après sa performance au Super Bowl, mais une étape logique. L'artiste souhaite utiliser sa notoriété pour mettre en lumière les luttes de son peuple : « c’est un rêve de pouvoir raconter nos propres histoires », aurait confié l'artiste au magazine Premiere. Le rendez-vous est pris, et il s'annonce déjà historique.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Derrière ce prénom un chouilla désuet se cache un festival pluridisciplinaire, inspiré par la révolutionnaire des sexes, Monique Wittig : « dans cette période où les violences systémiques s’exacerbent, où les espaces de liberté se réduisent, où les corps se crispent sur eux-mêmes, Chez Monique se veut un endroit refuge et ose encore les horizons et imaginaires grands ouverts ». Les 8 et 9 mai, on pourra picorer de tout, des trucs et des machins parmi ateliers, discussions, stands, performances, de belles propositions avec le Cirque Queer, Habibitch, Grace & Volupté Van Van.
    Programmation : chezmonique.fr.

    Bruno De
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  • Iconique Farmer

    Isabelle Marc décortique le mythe Farmer chez Seuil, révélant comment la « diva pop » a sculpté les métamorphoses de la France. Dans cet essai riche et palpitant de la collection Traverse, Isabelle Marc déploie une écriture fluide, fuyant l’hagiographie pour une analyse chirurgical de la plus célèbre rousse du panthéon de la musique française. Elle explore comment Mylène Farmer a transcendé la simple chanson pour devenir un phénomène culturel total. Transgressive, l’artiste a imposé des imaginaires mélancoliques et originaux, profondément ancrés dans les réflexions sur le genre et la sexualité, bien avant les débats contemporains. L’autrice dissèque avec brio cette figure de diva qui, derrière ses silences médiatiques, les mystères qui l’entourent, révèle les évolutions d’une société française en quête de nouvelles représentations.

    En mêlant musicologie et sociologie, Isabelle Marc démontre que Farmer n’est pas qu’une star, mais une architecte d’un parcours hors catégorie, celui d’une star de pouvoir, d’engagements qui fascine autant qu’elle intrigue. Concept unique, Mylène Farmer nous est exposée comme jamais auparavant.  Un ouvrage percutant qui transforme la pop en un objet d’étude sérieux, indispensable pour comprendre cette icône qui défie les codes depuis quarante ans.
    Mylène Farmer, la diva pop, de Isabelle Marc, Ed. Seuil, coll. Traverse, 192 Pages, 19€

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Après le séisme des Vilaines, l’autrice argentine revient chez Métailié avec un recueil viscéral où la fureur des marges se transforme en un sacre poétique. L’écriture de Camila Sosa Villada est un organisme vivant, un mélange sidérant de crudité organique et de fulgurances baroques qui refuse tout misérabilisme. Elle ne se contente pas de décrire la marge ; elle l’incarne avec une langue au scalpel, transformant la fange en or pur.

    Au cœur de Córdoba, elle convoque parias et travestis dans un théâtre de réalisme magique où la solitude devient un rituel sacré. C’est une œuvre intime qui palpite d’une humanité désarmante, sans jamais trahir la dignité de ses corps écorchés. Si la puissance de sa voix emporte tout, le format de la nouvelle impose quelques baisses de tension, certains récits s’effleurant quand d’autres vous terrassent en trois pages. Mais cet éclat inégal n’altère en rien la force de ce cri nécessaire, prouvant que l’amour, même « idiot », reste l’ultime boussole de ceux que le monde préfère oublier.
    Je suis idiote de t’aimer, de Camila Sosa Villada, Ed. Métailié, 200 Pages, 21€.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le spectacle Fini la comédie ! Mes confidences à Dalida s’invite à la Scène Parisienne. Deux dates pour ce seul en scène jubilatoire qui a fait preuve au Festival Off d’Avignon 2025, en galvanisant le public.

    On vous fait le pitch : Fred Faure, podologue de son état, livre son parcours intime et fantaisiste, un « hymne à l’amour qui invite à la tolérance et à l’acceptation des différences ». Sous le regard complice de sa « bonne fée Dalida », il revisite les tubes de l’icône – de Bambino à Il venait d’avoir 18 ans – liés aux étapes de son aventure humaine. En robe à paillettes, identités et préjugés s’effondrent dans un éclat de rire libérateur. Écrit par Fred Faure et Frantz Morel à l’Huissier, mis en scène par Sophie Delmas, ce théâtre musical autobiographique séduit par sa tendresse et son audace. Un show percutant, léger, énergique et efstif qui fait énormément de bien au moral.

    Rendez-vous le dimanche 12 à 16h30 et le lundi 13 avril à 19h30.
    Infos et billetterie : www.lasceneparisienne.com

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Lee Tao signe une pépite homo vibrante aux éditions Kinky. Une célébration de l’amour entre garçons qui croque la vie à pleines dents avec une audace rafraîchissante. Lee Tao bouscule les codes de la BD avec Juicy Peach, la vie est gay !. Son trait, moderne et acidulé, insuffle une vitalité folle à ce récit initiatique.

    L’écriture est vive, ponctuée d’un humour percutant qui désamorce les tabous sans jamais perdre en intensité émotionnelle. L’auteur excelle à capturer l’intimité des « petits riens », de Da-tao et Tao-Dee, un couple comme tous les autres rendant sa chronique aussi touchante que riche de sens. La force majeure de cet ouvrage réside dans sa lumière : on s’écarte des clichés sombres pour embrasser une joie de vivre communicative dans une succession de strips d’une page aux accents tantôt comiques, tantôt coquins, mais jamais éloignés de nos quotidiens, qui vous fera assurément sourire. C’est vif, incisif, attachant, et juste.

    L’énergie graphique et l’authenticité du propos emportent tout sur leur passage. L’artiste taiwanais Lee Tao livre une œuvre solaire où aucun sujet n’est mis au placard ici. Un miroir nécessaire pour une jeunesse en quête de représentations positives. 
    C’est une lecture qui pulse, rafraîchit et émeut, est méne d’une main de chef par l’un des premiers artistes asiatiques à représenter l’homosexualité dans l’espace public. Un acte politique autant qu’artistique qui est à dévorer sans modération.
    Juicy Peach, la vie est gay ! de Lee Tao, Ed. Kinky, 15€.

    Julien Claudé-Pénégry
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