Thèmatiques
Articles | Brèves
  • Le vendredi 20 mars est à marquer d’une pierre blanche. Le Cour administrative suprême de Pologne a brisé un tabou institutionnel. En annulant le refus de transcrire un acte de mariage entre conjoints de même sexe célébré dans l’Union européenne, elle impose à l'administration de garantir les droits concrets au séjour et à la vie familiale.


    Ce verdict s’aligne sur la jurisprudence de la CJUE de novembre 2023 : la libre circulation des citoyens prime sur les blocages nationaux. Une avancée qui permet aux institutions de prendre note de ce mot d’ordre et ainsi adapter leurs pratiques comme le précise Stop.Homophobie. Même si la définition du mariage reste inchangée en Pologne, l'État ne peut plus ignorer les droits fondamentaux européens. Une victoire du pragmatisme juridique sur l'idéologie.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • 3 hommes ont été condamné en avril à des peines allant de 18 mois à 4 ans de prison (une partie de sursis) pour avoir agressé violemment plusieurs hommes. Ils sont même allé jusqu’à les filmer.

    Lors de l’enquête, les mis en cause ont affirmé vouloir « traquer des pédophiles », reprenant un amalgame souvent utilisé pour justifier des violences visant des personnes homosexuelles. Le tribunal a retenu la circonstance aggravante de l’orientation sexuelle des victimes.

    Bruno De
    Partager:

  • 300 ans de poésies érotiques

    Vilains gaillards, ce fut d’abord un spectacle, initié et mise en scène par notre confrère journaliste Luc Biecq et mis en bouche par les comédiens Vincent Gaillard et Vincent Vilain. Une lecture gourmande, drôle et émouvante de poèmes érotiques gays du XIXe et XXe siècles, qui a enchanté les nuits d’Olympe, le restaurant-cabaret inclusif de Pantin. C’est désormais un recueil érudit, édité par La Musardine. On y retrouve des auteurs connus comme Rimbaud, Verlaine ou Apollinaire et son troublant VoyouSa queue éclatait sous mes lèvres. Comme une prune de juillet »), mais aussi des pépites oubliées comme le magnifique Sonnet pour l’Androgyne de Francis Latouche (mort à 28 ans !) ou la frondeuse Pipe au bois d’Albert Glatigny (« Je suis celui qui suce ! Au détour des sentiers… »). Le trio aux manettes voulait « une représentation vive, un hommage explosif et pétaradant aux orgasmes, aux plaisirs, au charme furtif – ou durable – des rencontres rapides, ratées ou délicieusement joyeuses ». Mission réussie.

    On se délecte de ces « coïts de lascars » et autres « ébats passionnés », souvent très crus, jouant avec les interdits et le mélange des classes sociales. Grâce à ce projet, ils ont une seconde vie salutaire, loin de la censure et de la morale bourgeoise.


    Vilains gaillards, de Luc Biecq, éditions La Musardine, 18€. En librairie depuis le 13 mai. 
    Signature aux Mots à la Bouche (Paris) le 28 mai  avec lecture des poèmes par Vincent Gaillard et Vincent Vilain 
    et reprise de la lecture- spectacle chez Olympe (Pantin) le 11 juin.

    Yannick Barbe
    Partager:

  • Jen Cardini aime les petits monstres

    L’icône de l’électro Jen Cardini signe un nouvel EP chez le label de Chloé Caillet, en hommage aux classiques house des années 90. Dans un entretien accordé au média Dure Vie, il revient sur la naissance de ce projet : entre refus d’un remix et erreurs heureuses en studio. En ressort, trois versions rythmées directement inspirés de la house new yorkaise. Il revient aussi sur différents aspects de sa vision d’une scène club plus ouverte et généreuse.

     

    Pour le patron des labels Correspondant et Dischi Autunno, une évidence s'impose : « la musique doit être accessible à tous ». Cette quête d’inclusion guide sa carrière depuis ses débuts marquants au mythique club le Pulp. Au-delà de la virtuosité technique, l’artiste souligne l'importance de l’émotion immédiate, refusant l'élitisme qui fragmente parfois le monde de la nuit.

     

    Il rappelle que le clubbing est avant tout un acte politique et social, essentiel pour les communautés queer. Selon Jen, le partage prime sur la complexité : « il ne faut pas avoir besoin d’un manuel pour comprendre un morceau ». Jen Cardini prône pour une fête démocratique, où la bienveillance et la transmission restent les piliers de l’expérience collective.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Deux coming out côté football

    Et deux de plus…. Christian Dobrick, entraîneur de 29 ans de la Bundesliga, a fait son coming out fin mars quand Ignacio « Nacho » Lago, l’attaquant de 26 ans du Club Atlético Colón à Santa Fe en Argentine, l’annonce via une vidéo depuis devenue virale début avril.  L’un est soutenu par le président du U19 de Sankt-Pauli qu’il chapeaute, l’autre révèle son couple après la victoire de son équipe et devient, dans la foulée, le premier joueur pro argentin en activité à faire son coming out gay.

    Deux sorties du placard pour une même réalité, « être soi » aux yeux de tous. Un doublé qui, espérons-le, permettra à d’autres d’en faire tout autant.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Paris: Marilyn sous toutes les coutures

    Une goutte de Chanel N° 5 pour tout vêtement, et un regard qui défie le temps. Soixante ans après sa disparition, l’ombre vaporeuse de Marilyn Monroe vient de nouveau hanter les écrans de la Cinémathèque française. La rétrospective baptiosée sobrement Marilyn Monroe : 100 ans ! qui se tient jusqu’au 26 juillet 2026, ne se contente pas de célébrer le sex-symbol ; elle réhabilite l'actrice totale.

    Du Technicolor flamboyant de Les Hommes préfèrent les blondes à la mélancolie crépusculaire de The Misfits, le parcours balaie les clichés pour révéler une technicité hors pair. On y découvre une Monroe architecte de son propre mythe, maniant l’autodérision avec une précision chirurgicale.

    Le cycle argumente brillamment que derrière le célébrissime « poupoupidou », se cachait une travailleuse acharnée de l'Actors Studio, capable de fragiliser l'objectif par sa seule présence. Une immersion nécessaire pour comprendre comment Norma Jeane a fini par dévorer Hollywood, avant d'entrer définitivement dans l'Histoire.
    Infos et réservations : cinematheque.fr

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Les droits des couples homosexuels évoluent lentement mais sûrement en Ukraine. Alors que la guerre bat toujours son plein sur le territoire, la Cour suprême du pays reconnaît désormais les couples de même sexe comme des familles. Cette décision fait suite à la demande, en 2024, d'un diplomate ukrainien en poste en Israël pour que son compagnon l'accompagne en tant que membre de sa famille.

    À la suite du refus du ministre ukrainien des Affaires étrangères, expliquant que cette demande ne pouvait être accordée qu’en vertu de la reconnaissance d’un mariage entre un homme et une femme, l’affaire s’est naturellement dirigée vers la justice. En juin 2025, soit un an plus tard, un tribunal de Kiev a estimé que, puisque les deux hommes vivent ensemble, ils constituent de facto un couple, ce que la Cour suprême a jugé conforme.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • L’association AIDES, via sa revue Remaides, vient de lancer un pavé dans la mare : la politique répressive actuelle face au chemsex est un échec total sur le plan sanitaire. Alors que ces pratiques se multiplient, la pénalisation de la consommation de drogue apparaît aujourd'hui comme le principal verrou bloquant l'accès à la prévention et au soin.

    Le constat des acteurs de terrain est sans appel : la peur du gendarme tue. En criminalisant les usagers, on les pousse vers un isolement dangereux. Craignant des sanctions pénales ou le jugement des institutions, de nombreux « chemsexeurs » préfèrent fuir les structures de santé, retardant ainsi la prise en charge de complications graves comme les addictions, les overdoses ou les infections. Comme le rappelle fermement la publication, « punir ne prévient pas, cela fragilise ».

    Il est temps de briser ce mur du silence et de changer de paradigme. L’objectif défendu est de substituer une logique sécuritaire inefficace par une véritable politique de réduction des risques. En dépénalisant l'usage, l'enjeu est de transformer le consommateur clandestin en un sujet de santé publique à part entière. Seul un accompagnement humain et médicalisé, débarrassé de la menace judiciaire, pourra garantir une protection efficace et digne pour tous les citoyens.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Depuis la sortie du premier volet en 2013, le mystère entourant la vie sentimentale d'Elsa passionne les foules. Face à l'ampleur du mouvement #GiveElsaAGirlfriend, Jennifer Lee, co-réalisatrice et directrice créative de Disney, a enfin apporté une réponse aux fans. Interrogée par le média Billboard, la scénariste s'est dite « ouverte » à l'idée d'offrir une compagne à la Reine d'Arendelle. « Nous avons énormément de conversations à ce sujet », a-t-elle confié, tout en précisant que l'évolution du personnage dépendra avant tout de la direction narrative choisie par l'équipe.

    Si rien n'est encore gravé dans le marbre pour les futurs volets, cette déclaration marque un tournant historique. Disney, souvent critiqué pour sa prudence, semble prêt à écouter une audience avide de représentation LGBTQ+. Affaire à suivre.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • La Grèce vient de franchir une nouvelle étape dans l’égalité des droits pour les personnes LGBTQIAP+. Le Conseil d’État a confirmé vendredi 20 mars la constitutionnalité du mariage civil et de l’adoption pour les couples de même sexe, validant une réforme déjà adoptée en février 2024. 
    Dans sa décision, la plus haute juridiction administrative grecque estime que cette reconnaissance ne porte pas atteinte à la protection constitutionnelle de l’enfance ni à l’intérêt supérieur de l’enfant. 
    Cette validation judiciaire consolide donc un acquis majeur pour les familles homoparentales. Pour les défenseurs des droits humains, cette décision conforte la place de la Grèce parmi les pays européens ayant reconnu ces droits, après un long débat politique et religieux.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager: