
On ne parle pas ici de la pièce originale de Poiret et Serrault, qui fit couler beaucoup d’encre il y a 50 ans et se heurta à l’opposition d’une partie de la communauté LGBT de l’époque, qui la considérait comme une caricature grossière.
Cette comédie musicale est l’adaptation en français du livret d’Harvey Fierstein (Torch song trilogy), qui en fit une oeuvre éminemment politique, au-delà des strass et des paillettes. Olivier Py, à la traduction et à l’adaptation, réinscrit l’œuvre dans son contexte, le cabaret, mais apporte aussi une réflexion sur l’homoparentalité et l’amour, au-delà de l’assignation de genre.
« Antique » et pourtant tellement d’actualité, cette genèse française du drag nous rappelle ainsi son caractère politique, bien avant Drag Race France qui n’a rien inventé.
On s’attend à un Laurent Lafitte flamboyant dans le rôle de Zaza, mais aussi à un ensemble somptueux dans l’écrin du théâtre du Châtelet.
Du 5 décembre au 10 janvier.
www.chatelet.com/programmation/25-26/la-cage-aux-folles
Cet immense comédien nous a quitté avant de finir le tournage de la suite de Priscilla. Sentant son départ arriver et avec l’accord du réalisateur Stephan Elliot, il a pré tourné un maximum de scènes et de texte. La réalisateur a ensuite utilisé une technique pour que Bernadette, personnage transgenre iconique, soit présente dans tout le film. Voilà une belle utilité des technologies virtuelles, afin qu’au-delà de sa disparition brutale, Terence Stamp nous émeuve une dernière fois. La sortie est prévue en 2026.
La surveillance épidémiologique 2024 en France vient d’être publiée par Santé publique France. Les résultats concluent à une stabilité des nouvelles infections à VIH, estimées à 5 100, après une hausse entre 2020 et 2023. Le nombre de sérologies a atteint 8,5 millions, dont 20% sans ordonnance, avec un doublement du dépistage chez les jeunes après l'élargissement aux IST en septembre 2024.
Le 12 novembre, le Parlement kazakh a voté un texte ciblant la promotion des « orientations sexuelles non traditionnelles » dans l’espace public et les médias. Le projet, inspiré de la législation russe, doit encore être validé par le Sénat. Il prévoit des amendes et jusqu’à dix jours de prison pour les contrevenants. Officiellement, la loi vise à « protéger les enfants » des contenus considérés comme nuisibles. Human Rights Watch et Amnesty dénoncent une violation des droits fondamentaux. Ce durcissement témoigne d’un retour en arrière pour les minorités sexuelles, dans un pays à majorité musulmane mais laïque. Les autorités invoquent la défense des « valeurs traditionnelles » , mais cette mesure renforce la marginalisation des LGBT+.
Découvrir le jardin secret de l’emblématique Araki Nobuyosh, cela vous tente. Le musée Guimet propose jusqu'au 12 janvier 2026 avec l'exposition POLARAKI, mille polaroids de l’artiste japonais. Et autant de regards personnels sur plus de 25 ans de création. L'événement met en lumière une collection privée de 906 clichés acquis par le collectionneur Stéphane André, qui en a fait don à l'institution. Répartis dans une installation immersive de 43 colonnes de neuf cadres, ces œuvres révèlent la passion d'Araki pour le polaroid, qu'il a utilisé comme journal intime quotidien, mêlant voyeurisme, érotisme, et poésie avec une touche de provocation.
Développée en partenariat avec l'ONG Aliança Nacional LGBTI+ et financée en partie par la députée trans Erika Hilton, cette plateforme utilise Aletheia, un outil capable d'analyser en continu réseaux sociaux, blogs et sites d'info en portugais, en détectant les propos haineux ou mensongers. Lorsqu’un contenu est identifié, il est étudié par des juristes, puis transmis aux autorités si nécessaire, afin de poursuivre en justice les auteurs.
Ce cabaret se conçoit bien plus qu’un simple spectacle, plutôt une célébration des identités plurielles, un hommage vibrant à la beauté de la différence. Dans ce lieu de rencontre entre les possibles, la scène devient un miroir de nos luttes, de nos rêves et de nos éclats. Tout au long des performances pluridisciplinaires, on a envie de pousser un cri doux et flamboyant : sois toi-même, pleinement, intensément, sans jamais t’excuser.
Soutenue par le groupe conservateur Liberty Counsel, elle voulait faire annuler les indemnisations à plus de 360 000 dollars qui lui avaient été ordonnées, et remettre en question l'arrêt historique Obergefell, qui a légalisé le mariage homosexuel sur tout le territoire américain. En refusant d’intervenir, la Cour conforte le cadre juridique actuel.
L’appel à crowdfunding pour le documentaire L’âme sœur a été lancé par Romano Bottinelli, réalisateur engagé et auteur de Ce que la Guerre a fait de nous. Ce nouveau projet, soutenu par le Centre National du Cinéma et Lyon Capitale TV, vise à révéler la richesse et l’engagement des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, un mouvement LGBTQI+ fondé en 1979 à San Francisco qu’il suit depuis 4 ans sans se lasser.
À l'occasion de Movember, Ifop* et la marque de sextoys LELO dévoilent une étude révélant l'évolution des pratiques et des représentations autour de la sexualité anale en France. Malgré les tabous persistants, la pratique passive chez les hommes progresse. Réalisée en août 2025 auprès de 2000 Français, plus de la moitié des hommes (52%) ont déjà été pénétrés analement, un chiffre égal à celui des femmes. Pourtant, la pratique reste confrontée à des représentations virilistes : près de 37% des hommes considèrent qu’être passif dans cette pratique nuit à leur masculinité, notamment chez les religieux (51%). La peur de perdre leur image, combinée aux tabous, freine souvent le dépistage du cancer colorectal, car à peine 51% des hommes seraient disposés à consulter pour ce type de dépistage, même parmi ceux ayant expérimenté le sexe anal. La déconstruction des normes de genre, encouragée par les milieux progressistes, favorise une banalisation, où la pratique devient un marqueur de nouvelles formes d’expression identitaire et de liberté sexuelle. Toutefois, cette évolution est influencée par des facteurs sociaux, idéologiques et culturels, révélant un long chemin vers une sexualité plus égalitaire, sans honte ni pression. Et une surveillance sanitaire plus régulière et dénuée de préjugés.