
Certains livres ne se lisent pas, ils se respirent. Ils s’infusent en nous comme le sillage d’un parfum oublié que l’on retrouve au détour d’une rue. Jusqu'à toi, le cinquième roman de Léa Wiazemsky, est de ceux-là : un coup de foudre littéraire, une déflagration de tendresse et de douleur qui vient bousculer nos certitudes sur le temps et l'oubli.
Tout commence en 1983, dans l’obscurité d’un cinéma bordelais. Myriam, femme libre du milieu du septième art, croise le regard de Marie. C’est le « fracas » : une attraction irrésistible, une passion qui dévore tout sur son passage. Mais Marie est prisonnière des convenances, d’un mari, d’une famille et d’une bourgeoisie provinciale où l’amour saphique est un interdit que l’on étouffe sous les non-dits. Séparées par la vie, ces deux âmes se retrouveront des décennies plus tard. Mais le destin a changé les règles du jeu : Marie n’a rien perdu de sa grâce, mais sa mémoire, elle, s'est envolée.
Léa Wiazemsky signe ici une œuvre d’une sensualité vibrante. Sa plume, ciselée à l’or fin, parvient à capturer l’impalpable : l’effluve d'une peau, la courbe d’une nuque, la chaleur d’un baiser qui ressuscite. C’est un texte qui joue sur une palette infinie, entre la violence du conformisme social et la douceur infinie des retrouvailles à l'hiver de la vie. L’autrice aborde avec une justesse sidérante les thèmes de la démence et de l’Alzheimer—cette « saleté de maladie » qui efface les noms mais épargne, parfois, les battements du cœur.
Dans ce labyrinthe des souvenirs, Myriam devient la gardienne de leur histoire face à Cécile, la fille de Marie, qui refuse ce passé. C’est beau, c’est cruel, c’est bouleversant, c’est profondément humain. Jusqu'à toi est une ode à l’amour intemporel, prouvant que si l'esprit flanche, la chair et l'âme, elles, gardent des traces indélébiles. Un roman solaire et déchirant qui nous laisse le cœur gonflé d’une émotion rare : celle d’avoir rencontré deux héroïnes que l’on n’oubliera jamais.
Jusqu’à toi, de Léa Wiazemsky, Ed. Les Presses de la Cité, 288 pages, 21€.

Il aura fallu patienter une année entière après son double sacre retentissant à CannesSeries 2025 (Meilleure série courte et Meilleure performance) pour que Oh, Otto ! débarque enfin sur Canal+. Ce délai de mise en diffusion n’a fait que renforcer l’aura de cette pépite belge qui s'éloigne radicalement des sentiers battus de la fiction queer habituelle.
Alors que la PrEP injectable bimestrielle (Apretude) vient d’être déployée et remboursée en France au début de l’année 2026, la recherche scientifique passe déjà à la vitesse supérieure. Les regards de la communauté médicale se tournent désormais vers le lénacapavir, une molécule révolutionnaire administrée par injection sous-cutanée seulement tous les six mois.


Quelle idée vous faîtes-vous de la sexualité de Dracula ? Le metteur en scène Gaspard Legendre vient de signer la première adaptation française de Dracula, la pièce à succès de Gordon Greenberg et Steve Rosen. C’est une version truculence, ancré dans les codes contemporain, résolument queer et irrévérencieux qui nous est proposée avec « Dracula, la parodie hilarante et terrifiante ». 
L'ancien joueur de l’AFL Mitch Brown a brisé le silence lors d'un entretien poignant sur ABC Radio. En révélant sa bisexualité, l’ex-attaquant de Melbourne et West Coast affirme avoir enfin trouvé une « paix intérieure » inédite.
« Quand vous vous déclarez lesbienne, il y a toujours quelqu’un sur votre route pour tenter d’improviser une petite thérapie de conversion à vos dépens », écrit la journaliste Marie Kirschen, ex-rédactrice en chef du site internet des Inrocks et fondatrice de la revue lesbienne Well Well Well. Avec ce petit essai qui se lit vite et bien, elle prend à bras le corps cette idée tenace selon laquelle les femmes seraient un choix « par défaut », que les lesbiennes seraient en réalité des hétéros n'ayant pas encore eu la chance de « tomber sur le bon ».
Il se dit que les butchs sont moches, bagarreur.euses, dépassé.es, vieux.eilles, misogynes, qu’iels font peur… Point de tout cela ! Vendredi 5 juin (0h-6h), on célèbrera la butchness au son de DJ sets, avec des performances, des bras de fer et un dresscode « dirty butch cliché ». Butches de tous les pays et leurs allié.es, unissez-vous !
Megan Rapinoe ne décolère pas. L’ex-star du foot dénonce l’exclusion des athlètes trans, une mesure « horrible » qui la « dégoûte ». Selon RMC Sport, elle a fustigé l'équipe de hockey aux JO 2026, qualifiée de « clowns de Donald Trump ». 
Ne laissons pas nos mémoires au placard. Avec l’exposition Résistances Queer à la bibliothèque municipale Buffon (75004) le dessinateur Pochep et le sociologue Antoine Idier transforment l’histoire LGBTQI+ en une immersion graphique mêlant humour et rigueur documentaire et brise le silence.