
« Quand vous vous déclarez lesbienne, il y a toujours quelqu’un sur votre route pour tenter d’improviser une petite thérapie de conversion à vos dépens », écrit la journaliste Marie Kirschen, ex-rédactrice en chef du site internet des Inrocks et fondatrice de la revue lesbienne Well Well Well. Avec ce petit essai qui se lit vite et bien, elle prend à bras le corps cette idée tenace selon laquelle les femmes seraient un choix « par défaut », que les lesbiennes seraient en réalité des hétéros n'ayant pas encore eu la chance de « tomber sur le bon ».
Ce livre est à la fois un tour de piste des préjugés sur les lesbiennes, que l'autrice dézingue à coups de bons arguments et une réflexion sur l'effacement historique des lesbiennes et son corollaire : le dénigrement de la légitimité des couples lesbiens. Combien de couples de lesbiennes célèbres, écrivaines, artistes, intellectuelles, que les livres d'histoire ont longtemps présentées comme de simples amies ?
Cette invisibilisation des lesbiennes va également de pair avec un manque sidéral de représentations dans les films et les séries télé, et quand bien même, les rares personnages lesbiens à l'écran cessent souvent de l'être au cours de l'intrigue, renforçant cette croyance lesbophobe selon laquelle cette identité ne serait qu'un pis-aller, une salle d'attente avant que « le bon » débarque et les remette dans le droit chemin. Un livre à offrir aussi bien à la pote un peu trop hétéronormée, au père pudique, à la grand-mère un peu trop curieuse ou à l'oncle facho de la famille. Mais aussi une mine de références culturelles saphiques à mettre entre toutes les mains lesbiennes.
C'est parce que t'es pas encore tombée sur le bon : #lesbienne de Marie Kirschen, Ed. La Meute, 96 p., 11,50€.

L’autrice a scellé le destin de la future série Harry Potter sur HBO tout en confirmant son virage radical. En adoubant cette nouvelle adaptation dont elle sera productrice exécutive, l’autrice n’a pas seulement validé un projet financier colossal, elle a profité de l’arène numérique pour réitérer ses positions transphobes, notamment en saluant la décision des JO de bannir les athlètes transféminines des compétitions.
Ne laissons pas nos mémoires au placard. Avec l’exposition Résistances Queer à la bibliothèque municipale Buffon (75004) le dessinateur Pochep et le sociologue Antoine Idier transforment l’histoire LGBTQI+ en une immersion graphique mêlant humour et rigueur documentaire et brise le silence.
La fin du monde est proche. Bientôt les quelques terres encore émergées seront rayées de la carte. Dans une base spatiale à l'abandon du nord de l'Europe, grignotée par la rouille et les embruns, une poignée de survivantes s'affaire autour d'une intelligence artificielle baptisée Memory Palace. Ces femmes, astronaute, hackeuse, high-technicienne, journaliste et botaniste, savent qu'elles sont condamnées à mourir, alors elles se sont données une ultime mission: envoyer en orbite les archives de l'humanité, une fusée dans l'espace comme une bouteille à la mer, pour que ces millions de vies presque toutes déjà éteintes continuent de briller ailleurs, un jour, peut-être. Une étincelle d'espoir par-delà le déluge.
Elio de Pixar concourait pour le meilleur film d’animation aux Oscars 2026. Etre en lice pour ce trophée est déjà une belle récompense, mais celle-ci aurait pu avoir une saveur encore plus agréable si l’histoire de ce petit garçon orphelin à l’origine queer n’avait vu son identité rabotée sous des prétextes fallacieux. Revenons sur les faits.
Depuis leurs débuts dans les années 80 - et le fabuleux West End Girls qui les a rendu célèbres - les Pet Shop Boys n’ont pas arrêté de marquer la pop au fer rouge, expérimentant et se renouvelant sans cesse, explorant toutes les facettes de la dance-music, du plus euphorique au plus mélancolique, et imposant leur empreinte avec une élégance rare.
Vilains gaillards, ce fut d’abord un spectacle, initié et mise en scène par notre confrère journaliste Luc Biecq et mis en bouche par les comédiens Vincent Gaillard et Vincent Vilain. Une lecture gourmande, drôle et émouvante de poèmes érotiques gays du XIXe et XXe siècles, qui a enchanté les nuits d’Olympe, le restaurant-cabaret inclusif de Pantin. C’est désormais un recueil érudit, édité par La Musardine. On y retrouve des auteurs connus comme Rimbaud, Verlaine ou Apollinaire et son troublant Voyou (« Sa queue éclatait sous mes lèvres. Comme une prune de juillet »), mais aussi des pépites oubliées comme le magnifique Sonnet pour l’Androgyne de Francis Latouche (mort à 28 ans !) ou la frondeuse Pipe au bois d’Albert Glatigny (« Je suis celui qui suce ! Au détour des sentiers… »). Le trio aux manettes voulait « une représentation vive, un hommage explosif et pétaradant aux orgasmes, aux plaisirs, au charme furtif – ou durable – des rencontres rapides, ratées ou délicieusement joyeuses ». Mission réussie.
L’icône de l’électro Jen Cardini signe un nouvel EP chez le label de Chloé Caillet, en hommage aux classiques house des années 90. Dans un entretien accordé au média Dure Vie, il revient sur la naissance de ce projet : entre refus d’un remix et erreurs heureuses en studio. En ressort, trois versions rythmées directement inspirés de la house new yorkaise. Il revient aussi sur différents aspects de sa vision d’une scène club plus ouverte et généreuse.
Une goutte de Chanel N° 5 pour tout vêtement, et un regard qui défie le temps. Soixante ans après sa disparition, l’ombre vaporeuse de Marilyn Monroe vient de nouveau hanter les écrans de la Cinémathèque française. La rétrospective baptiosée sobrement Marilyn Monroe : 100 ans ! qui se tient jusqu’au 26 juillet 2026, ne se contente pas de célébrer le sex-symbol ; elle réhabilite l'actrice totale.
Depuis la sortie du premier volet en 2013, le mystère entourant la vie sentimentale d'Elsa passionne les foules. Face à l'ampleur du mouvement #GiveElsaAGirlfriend, Jennifer Lee, co-réalisatrice et directrice créative de Disney, a enfin apporté une réponse aux fans. Interrogée par le média Billboard, la scénariste s'est dite « ouverte » à l'idée d'offrir une compagne à la Reine d'Arendelle. « Nous avons énormément de conversations à ce sujet », a-t-elle confié, tout en précisant que l'évolution du personnage dépendra avant tout de la direction narrative choisie par l'équipe.