Thèmatiques
Articles | Brèves
  • Alors que la PrEP injectable bimestrielle (Apretude) vient d’être déployée et remboursée en France au début de l’année 2026, la recherche scientifique passe déjà à la vitesse supérieure. Les regards de la communauté médicale se tournent désormais vers le lénacapavir, une molécule révolutionnaire administrée par injection sous-cutanée seulement tous les six mois.


    La France participe activement à cette avancée majeure à travers l’essai clinique international PURPOSE 5, mené par le laboratoire Gilead, qui évalue précisément l’efficacité et la tolérance de ce traitement sur le territoire. D’après les données réglementaires analysées par les associations de lutte contre le VIH, le lénacapavir a déjà fait l’objet d’une demande d’autorisation auprès de l’Agence européenne des médicaments (EMA).


    Si les négociations tarifaires et les validations de la Haute Autorité de Santé (HAS) s’enchaînent sans accroc, les spécialistes espèrent une mise à disposition effective pour le public entre la fin de l’année 2026 et le courant de l’année 2027.
    « Deux injections annuelles suffiraient à se protéger du VIH », souligne l’association Sidaction lors de l’analyse des premiers résultats cliniques. Cette innovation promet d’alléger considérablement la charge mentale liée à la prévention quotidienne et d’ouvrir une nouvelle ère, hautement sécurisée, pour la santé sexuelle.

    Partager:

  • Face aux infections invasives à pneumocoque (IIP), responsables de pathologies graves comme les pneumonies, les septicémies et surtout les méningites, la stratégie préventive s’allège pour les patients.

    Le vaccin pneumococcique 23-valent VPP23 (Pneumovax®), destiné aux personnes à risque de tout âge (maladies chroniques, déficits immunitaires), n’exige plus des rappels incessants tous les deux ans. Désormais, les autorités de santé, dont la Haute Autorité de Santé (HAS) et Vaccination Info Service, valident une simplification majeure : après la primovaccination, l’injection ultérieure de VPP23 ne nécessite qu’un délai minimal de 5 ans, évitant ainsi le phénomène d’hyporéponse immunitaire.

    Cette mesure soulage particulièrement les personnes vivant avec le VIH, hautement exposées. « La répétition rapprochée des vaccinations induit une baisse de l’immunité », rappellent les experts de la HAS pour justifier cet espacement protecteur et durable. Un soulagement pour les patients.

    Source photo : Wikipedia

    Partager:

  • Consommateurs ou pas, votre avis compte ! Playsafe.fr lance son nouveau questionnaire en ligne pour lever le tabou sur nos usages en ligne. En 10 étapes, 10 questions et simplement 5 minutes pour y répondre, vous êtes invités à participer pour mieux comprendre les usages de nouveaux produits de synthèse et autres substances psychoactives.

    L'objectif est limpide : briser le silence sur l'achat et la consommation de produits via Internet, capter la réalité brute du terrain, sans filtre ni jugement. 100% anonyme, 0% flicage. Ici, on ne cherche pas des coupables, mais des données fiables. Cette enquête est une arme stratégique pour orienter les futures politiques de prévention et l’accompagnement.

    L'ambition ? Passer d'une répression aveugle à une réduction des risques chirurgicale, adaptée aux circuits numériques. Alors, prenez la parole. On compte sur vous !
    www.playsafe.fr/questionnaire-drogue-internet

    Partager:

  • L’association AIDES, via sa revue Remaides, vient de lancer un pavé dans la mare : la politique répressive actuelle face au chemsex est un échec total sur le plan sanitaire. Alors que ces pratiques se multiplient, la pénalisation de la consommation de drogue apparaît aujourd'hui comme le principal verrou bloquant l'accès à la prévention et au soin.

    Le constat des acteurs de terrain est sans appel : la peur du gendarme tue. En criminalisant les usagers, on les pousse vers un isolement dangereux. Craignant des sanctions pénales ou le jugement des institutions, de nombreux « chemsexeurs » préfèrent fuir les structures de santé, retardant ainsi la prise en charge de complications graves comme les addictions, les overdoses ou les infections. Comme le rappelle fermement la publication, « punir ne prévient pas, cela fragilise ».

    Il est temps de briser ce mur du silence et de changer de paradigme. L’objectif défendu est de substituer une logique sécuritaire inefficace par une véritable politique de réduction des risques. En dépénalisant l'usage, l'enjeu est de transformer le consommateur clandestin en un sujet de santé publique à part entière. Seul un accompagnement humain et médicalisé, débarrassé de la menace judiciaire, pourra garantir une protection efficace et digne pour tous les citoyens.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Une menace infectieuse sérieuse mobilise actuellement les autorités sanitaires britanniques. La shigellose, une infection intestinale souvent confondue à tort avec une banale intoxication alimentaire, connaît une recrudescence notable. Selon les données de l’UK Health Security Agency, l'Angleterre est passée de 2 052 cas en 2023 à 2 560 signalements en 2025. Cette progression inquiète d'autant plus qu'elle concerne des souches multirésistantes, ce qui limite considérablement les options de traitement antibiotique disponibles pour les médecins.
    Cette pathologie, qui touche particulièrement les hommes gays et bisexuels, se transmet majoritairement par voie sexuelle, notamment lors de contacts oro-anaux, ou en raison d'une hygiène insuffisante. Face au risque de voir cette épidémie gagner la France, les autorités médicales insistent sur l'importance cruciale de la prévention. Le recours systématique au préservatif ainsi que l'application rigoureuse de gestes d'hygiène après chaque rapport constituent les meilleurs remparts contre la bactérie.

    Le diagnostic précoce reste l'autre pilier de la lutte contre cette IST. Un signe clinique doit particulièrement alerter : la présence de sang dans les selles. Si ce symptôme apparaît, il est impératif de consulter immédiatement un médecin ou de se diriger vers un service d'urgences, car une shigellose non traitée peut s'avérer fatale. 

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Face à l’augmentation des pratiques de chemsex, la revue Remaides, éditée par l’association AIDES, livre un plaidoyer sans équivoque : la répression actuelle est une impasse sanitaire. Pour les acteurs de terrain, la pénalisation de l’usage de drogues constitue le principal obstacle à la prévention, au soin et à l’accompagnement des usagers
    L’enjeu est de briser le mur du silence. En raison de la crainte des sanctions pénales, de nombreux « chemsexeurs » s’isolent, fuyant les structures de santé par peur du jugement ou des retombées juridiques. « La peur du gendarme ne doit plus primer sur l’accès aux soins », souligne la publication. Cet environnement répressif favorise les pratiques à risques et retarde la prise en charge des complications (addictions, overdoses, infections).
    Pour Remaides, il est urgent de changer de paradigme en faveur d’une politique centrée sur la réduction des risques. « Punir ne prévient pas, cela fragilise », martèle le média. La dépénalisation permettrait de sortir l’usager de la clandestinité pour en faire un sujet de santé publique plutôt qu’un délinquant. L’objectif est clair : substituer une approche sécuritaire inefficace par un accompagnement humain et médicalisé, garant d’une meilleure protection pour toutes et tous.

    Partager:

  • Les autorités sanitaires britanniques alertent sur une forte hausse de la shigellose résistante aux antibiotiques, touchant surtout les hommes gays et bisexuels. Selon l’UK Health Security Agency, 2 560 cas ont été recensés en Angleterre en 2025, contre 2 052 en 2023.

    Cette infection intestinale, sexuellement transmissible et souvent confondue avec une intoxication alimentaire, inquiète par la hausse de souches multirésistantes limitant les traitements. La transmission, favorisée par un contact oro-anal ou une hygiène insuffisante, pourrait gagner la France. Les autorités appellent à un dépistage précoce et rappellent l’importance du préservatif et des gestes d’hygiène après les rapports.

    Alors si vous constater que lors de vos selles, c’est du sang qui sort, ayez le réflexe d’aller directement consulter votre médecin ou les urgences. Attention, en plus de ce qu’elle provoque, cette IST non traitée peut être fatale. Soyez vigilant.

    Partager:

  • Avez-vous entendu parler de Docteur Box, un service en ligne allemand qui propose des kits de prélèvement pour la santé sexuelle ? On pourrait se dire de prime abord que le jeu en vaut la chandelle quand on est un peu paresseux ou que l’on a peur de se confronter au regard d’autrui sur sa sexualité libre et plurielle.

    Ici on reste derrière son ordinateur, on commande via le site internet, on reçoit son nécessaire à domicile, on fait ses affaires, on expédie le tout, on reçoit les résultats. Entre-temps, l’attente du verdict, l’inquiétude. Et lorsque le résultat revient positif à une gonorrhée, des chlamydias, une syphilis, une hépatite ou le VIH, que doit-on faire ?? Se référer au blog ? Trop d’incertitudes à notre avis. 

    Quand on sait que la même panoplie de tests est gratuite et totalement anonyme dans les centres de santé sexuelle communautaire, les Cegidd, les laboratoires en France, vous n’avez qu’à franchir le pas et aller vous faire dépister au moindre doute, prise de risques ou par routine au moins tous les 3 mois. Vous serez accompagné par des médecins qui, lorsqu’une infection est détectée, prescrivent directement les traitements idoines pour y palier, vous donne le protocole à suivre pour éviter une contamination potentielle de vos amours d’un jour ou/et de toujours et vous assiste psychologiquement si le besoin s’en faire ressentir. Il serait vraiment bête de s’en priver d’autant que via ce système en ligne vous allez gaspiller des fortunes, patienter sans avoir un suivi médical dédié.
    Alors n’hésitez pas, privilégiez la voie du tout pris en charge de A à Z par des professionnels de la santé, dans des espaces consacrés, où bienveillance, respect et non jugement sont les règles d’or. La prévention n’a pas de prix, elle. 

    Partager:

  • Deux poids, deux mesures. Alors que Doxycycline en prévention post‑exposition (doxyPEP) freine certaines IST, son usage massif fait émerger des gonocoques plus résistants aux antibiotiques.

    Dans l’essai français ANRS 174 DOXYVAC, mené entre 2021 et 2023 chez des hommes sous PrEP, tous les isolats de Neisseria gonorrhoeae étaient déjà résistants à la tétracycline.

    Plus inquiétant, la proportion de souches à haut niveau de résistance, médiée par le gène tetM, bondissait à 35,5% chez les usagers de doxyPEP, contre 12,5% dans le groupe sans prophylaxie. Ces bactéries restaient sensibles à la ceftriaxone et au céfixime, mais cette dérive génétique traduit une pression de sélection jugée préoccupante par les chercheurs, qui appellent à encadrer strictement cette stratégie préventive et à renforcer la surveillance de l’antibiorésistance.

    Crédit photo : www.gaytimes.com

    Partager:

  • Longtemps perçu comme un simple facteur de dépendance ou de cirrhose, l’alcool s’impose aujourd’hui comme un perturbateur majeur du système immunitaire. En perturbant les cellules de défense, il affaiblit les barrières naturelles de l’organisme. Ce déséquilibre s’explique par le stress oxydatif, une réaction chimique endommageant les membranes cellulaires et favorisant une inflammation chronique. Résultat : les infections, notamment respiratoires, deviennent plus fréquentes et plus graves, tandis que la réponse vaccinale perd en efficacité.
    L’alcool dérègle aussi l’immunité adaptative, chargée de produire les anticorps. Les lymphocytes T et B, essentiels à cette mémoire immunitaire, voient leur nombre et leur fonctionnement altérés. Certaines maladies, comme la grippe, la tuberculose ou l’hépatite C, s’en trouvent aggravées.
    Enfin, la recherche révèle un mécanisme encore méconnu : l’alcool stimule la production de vésicules extracellulaires, de minuscules messagers entre cellules qui propagent les signaux inflammatoires. Ces découvertes renforcent la vigilance médicale : toute consommation excessive doit être prise en compte dans le suivi des patients fragiles.

    Partager:

  • Face à la montée alarmante des souches résistantes, la gonorrhée, infection sexuellement transmissible due à Neisseria gonorrhoeae, le traitement contre la gonorrhée retrouve un espoir thérapeutique. Deux nouveaux antibiotiques oraux viennent d’être validés par la FDA pour traiter la gonorrhée devenue un casse‑tête sanitaire : le zoliflodacin, développé par la GARDP (Le Partenariat mondial pour la recherche et le développement d'antibiotiques, ndr ) et Innoviva, et le gepotidacin, conçu par GSK. « C’est une étape majeure pour endiguer une crise mondiale », résume Science et Vie. Le premier, administré en une seule dose, a guéri 90,9% des cas lors d’essais internationaux publiés dans The Lancet. « Le zoliflodacin n’est destiné qu’à traiter la gonorrhée, ce qui réduit le risque de résistance croisée », explique le Dr Manica Balasegaram, directeur exécutif du GARDP. 
    Le deuxième, efficace dans 92,6% des infections, agit par un mécanisme inédit. En effet, il interfère avec deux enzymes bactériennes simultanément. Cette double action rend l’émergence de résistances beaucoup plus difficile. Alors que les cas ont explosé, multipliés par six dans certains pays depuis 2022, ces traitements marquent une avancée décisive pour éviter qu’une « super‑gonorrhée » ne devienne incurable.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager: