Le ministère de l’Intérieur a recensé 4 900 infractions anti-LGBT+ en 2025, soit une hausse de 2 % sur un an. Si la progression apparaît moins marquée que les années précédentes, les violences, menaces et injures restent largement concentrées dans les grandes agglomérations, tandis que le recours au dépôt de plainte demeure très faible parmi les victimes.

A l'occasion de la journée mondiale de lutte contre les LGBT-phobies, le ministère de l’Intérieur a publié ses chiffres des infractions anti-LGBT+ pour l’année 2025. Le terme d’« infraction » recouvre aussi bien les crimes et délits que les contraventions.
L’an dernier, les forces de police et de gendarmerie ont enregistré 4 900 infractions anti-LGBT+. Un chiffre en hausse de 2 % par rapport à l’année précédente. Entre 2016 et 2024, cette augmentation atteignait en moyenne 13 % par an.
Parmi ces 4 900 infractions, 64 % correspondent à des crimes ou délits, en hausse de 4 % sur un an. Les contraventions représentent, elles, 36 % des faits recensés et enregistrent une baisse de 3 %.
Comme chaque année, il convient toutefois de rappeler qu’une hausse des plaintes enregistrées peut refléter aussi bien une augmentation des violences et discriminations qu’une progression des signalements et du recours au dépôt de plainte.
Concernant la nature des faits recensés, les injures et provocations à caractère anti-LGBT+ représentent 33 % des crimes et délits enregistrés. Les menaces et les atteintes physiques constituent chacune environ 20 % des faits. Les atteintes sexuelles et les atteintes aux biens représentent respectivement 9 % et 5 % des infractions.
Les infractions se concentrent principalement dans les agglomérations de plus de 200 000 habitants, en particulier à Paris. Les victimes de crimes ou délits anti-LGBT+ enregistrées sont majoritairement des hommes (plus de 70 %), souvent jeunes : 48 % ont moins de 30 ans.
Les personnes mises en cause sont elles aussi majoritairement des hommes (83 %) et relativement jeunes, puisque plus de la moitié ont moins de 30 ans.
Seulement 3% des victimes portent plainte
Enfin, les services du ministère de l’Intérieur soulignent un recours au dépôt de plainte « extrêmement faible » parmi les victimes d’actes anti-LGBT+. Selon l’enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité » du service statistique ministériel de la sécurité intérieure, seules 3 % des victimes auraient déposé plainte.
Pour avoir une idée de ce que signifie ce chiffre, faisons un petit calcul : si les plaintes de 3% des victimes représentent 4900 infractions, une simple règle de trois permet d’avoir un chiffre qui se rapprocherait plus de la réalité : on serait donc à plus de 160 000 actes anti-LGBT+ en France sur l’an dernier.
Selon la même enquête, les personnes appartenant ayant une orientation sexuelle minoritaire seraient 13 fois plus victimes d'atteintes aux personnes que celles se déclarant hétérosexuelles.
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