
Dans Homo Virilus : la fabrique du mâle-être, la réalisatrice Maya-Anaïs Yataghène dissèque l’évolution du modèle masculin, de l’homo virilus dominateur à l’homme d’aujourd’hui confronté à l’égalité des genres. Ce documentaire de 52 minutes mêle archives historiques, témoignages intimes d’hommes de tous horizons et analyses d’experts – historiens, sociologues, psychiatres – pour explorer comment la virilité, jadis glorifiée comme pouvoir suprême, devient un diktat toxique.
Critiques : un virilisme en crise
Maya-Anaïs Yataghène retrace les origines : la Grande Guerre renverse les rôles, les femmes occupant les usines tandis que les hommes tombent au front, amorçant un lent déclin du patriarcat. Le film pointe la dangerosité du stéréotype viril : insensible, conquérant, chef de famille absolu. Des contemporains témoignent de leur libération face à cette pression, assumant sensibilité et partage des tâches. #MeToo et le procès de Mazan (2025) accélèrent le basculement, révélant que le violeur type est un « monsieur Tout-le-monde », pas un monstre.
Retour en force réactionnaire
Pourtant, l’homo virilus ressurgit via influenceurs promouvant une virilité brute et politiques nostalgiques d’un âge d’or patriarcal. Pourfendeurs d’idées rétrogrades, ils se replient dans les concepts crasses du mâle tout-puissant. Alice Evans (Stanford) alerte sur le fossé générationnel : jeunes femmes progressistes, hommes conservateurs. Le documentaire interroge : comment être homme en 2026 ? Plaidoyer pour un masculin humanisé, loin des fakes et du continuum violence-éducation. Maya-Anaïs Yataghène, ex-France 24 et professeure de déontologie, signe un essai percutant qui met le mâle à sa place.
Homos Virilus, la fabrique du mâle-être
disponible sur la plateforme France.tv.

L’administration Trump est sans respect aucun. Trump a modifié le nom de Rachel Levine sur son portrait officiel en utilisant son ancien prénom, qualifiant cela d’« action mesquine ». Nommée en 2021 sous Biden, Levine fut la première personne transgenre à occuper un poste nécessitant la confirmation du Sénat et la plus haute fonctionnaire fédérale ouvertement transgenre, notamment à un poste dans l’uniforme. Après le retour de Trump en janvier, elle a été remplacée par le républicain Brian Christine, opposé à certains soins affirmant le genre. Récemment, son portrait au siège du ministère a été modifié pour retirer son prénom actuel.
Le « gaz hilarant » défraie la chronique. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a exprimé dans Le Monde du 12 décembre 2025 son souhait que le protoxyde d’azote soit classé stupéfiant, après la mort tragique de Mathis, 19 ans, percuté par un conducteur sous son emprise. « Je souhaite que ce soit vu comme une drogue », a-t-il déclaré sur BFMTV/RMC, plaidant pour une circonstance aggravante en cas d’accidents et la saisie des véhicules.
Une tragédie en alexandrins, voilà qui dénote et peut surprendre. Malgré tout, le spectateur est emporté dans ce drame entre un roi-père qui poursuit son prince de fils et l’amant de ce dernier. Quand la trame de l’histoire rejoint celle de l’Histoire (avec un grand H).
Le nombre d'Américains LGBTQ+ sollicitant l'aide d'organisations canadiennes a bondi de 760% en huit mois, selon Rainbow Railroad, une association d'aide aux personnes persécutées. L'organisme a reçu 4 197 appelsen 2024, les États-Unis devenant pour la première fois la principale source de demandes. Cette flambée est directement liée à la réélection de Donald Trump et à la montée de la rhétorique anti-LGBTQ+. « La grande majorité des personnes, qui nous contactent, recherchent de l'aide parce qu'elles ont peur de continuer à vivre aux États-Unis », explique Latoya Nugent de Rainbow Railroad. La suppression de services spécialisés, dont des lignes d'assistance pour les jeunes, et plus de 600 projets de loi visant les droits LGBTQ+ alimentent le sentiment d'isolement et de peur. M. Nugent affirme que l'organisation est là pour « écouter et aider autant que possible » ceux qui cherchent sécurité et résilience. 
Plusieurs étudiants de l’école Rubika, à Anzin près de Valenciennes, ont été violemment pris pour cible ces trois dernières semaines en raison de leur orientation sexuelle, relatent notamment La Voix du Nord. 
Un homme de 28 ans, Illies B., a été condamné à huit ans de réclusion criminelle pour une série de guets-apens homophobes tendus à des hommes à Paris à l’automne 2022. Il attirait ses victimes via des applications de rencontre, les conduisait dans une cave du 18e arrondissement où il les frappait et les menaçait d’un couteau ou d’un hachoir pour leur voler leur téléphone, en les insultant notamment de « sale PD, voilà comment je vous traite ». 
Bras de fer pour les LGBT japonais. La Haute Cour de Tokyo a jugé le 28 novembre que l'interdiction du mariage entre personnes de même sexe n'est pas inconstitutionnelle, une décision unique parmi les cours d'appel japonaises. La Cour estime que réserver le mariage à « un homme et une femme » reste « raisonnable » et que l'ouverture aux couples de même sexe relève d'un choix politique du Parlement, non d'une obligation constitutionnelle. Elle a rejeté la demande des huit plaignants.
« Dans le monde du foot, être gay et musulman, c’est comme porter deux masques ». Cette phrase claque comme une frappe en pleine lucarne dans Surface de réparations, le spectacle coup de poing désormais disponible en replay sur TV5 Monde. Écrit et interprété avec une intensité rare, le texte met en scène un joueur déchiré entre foi, désir et image publique, pris dans un sport où la virilité reste un rempart contre la différence. Porté par une mise en scène épurée et un jeu viscéral, Surface de réparations mêle récit intime et chronique sociale, révélant les fractures identitaires et la solitude derrière le silence. Un témoignage essentiel de Vincent Hennebicq entre musique, danse, cris du cœur sur l’hypocrisie du milieu sportif et le courage d’être soi, sur et hors du terrain. Dans cette surface de réparation, on panse les plaies, plus qu'on ne les répare. Magistral.
Un gynécologue de Pau, 64 ans, a été condamné le 4 décembre à 1 000 € d’amende avec sursis pour outrage sexiste, après avoir refusé en 2023 d’examiner Emme, femme trans de 26 ans, puis publié un message transphobe en ligne. Il y revendiquait ne soigner que « des vraies femmes » et disait n’avoir « aucune compétence pour [s’occuper] des hommes même s’ils se rasent la barbe », avant de « remercier » d’avoir averti les personnes trans de ne jamais le consulter. Déjà sanctionné par l’Ordre des médecins à six mois d’interdiction d’exercer, dont cinq avec sursis, le praticien a été relaxé du chef de discrimination, une décision accueillie « avec soulagement » par l’avocat d’Emme, pour qui cette condamnation signifie que « les médecins gynéco ne pourront plus prétendre qu’ils ne peuvent pas soigner les personnes trans ».