Thèmatiques
Articles | Brèves
  • Adieu les scènes de concert, place aux plateaux de tournage. Après avoir conquis la planète avec son reggaeton, Bad Bunny s'attaque au septième art avec son premier grand rôle principal dans un long-métrage dédié à son île natale : Porto Rico. Loin d'un simple caméo, l’icône portoricaine incarnera un personnage central dans ce projet porté par le rappeur Residente, qui passe derrière la caméra.

     

    Selon Le Parisien, cette collaboration s'annonce explosive : « c’est la rencontre d’une flamme avec une dynamite ». Une métaphore qui souligne l'intensité attendue de cette fresque sociale et culturelle. Le film explore l'histoire complexe de Porto Rico. Pour Bad Bunny, ce passage au cinéma n’est pas un hasard de calendrier après sa performance au Super Bowl, mais une étape logique. L'artiste souhaite utiliser sa notoriété pour mettre en lumière les luttes de son peuple : « c’est un rêve de pouvoir raconter nos propres histoires », aurait confié l'artiste au magazine Premiere. Le rendez-vous est pris, et il s'annonce déjà historique.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Les 10 must have

    Un podcast qui danse du côté underground
    Et si la résistance ne se jouait plus seulement dans les urnes, mais sur le dancefloor ? À l'occasion de la Journée internationale de la danse, la journaliste Solène Ducretot et le photographe Yohann Cordelle lancent Comme un bruit de révolte, un podcast cross-média percutant qui mêle récits sonores et reportages photos. Ici, le corps est le premier territoire de lutte. Pour l’épisode inaugural, immersion totale avec Vinii Revlon, légende du voguing, qui raconte comment cette culture underground née à New York transforme les blessures en force collective. Entre pas de danse à la Gaîté Lyrique et familles choisies, il rappelle que danser est un acte politique majeur. De l'urgence écologique avec Minuit 12 au tatouage émancipateur de Dimitri Andrew, cette saison en six épisodes explore des engagements sensibles et joyeux. Un guide pratique des luttes plurielles pour décloisonner nos imaginaires.  JCP 
    À écouter et regarder d'urgence sur : comme-un-bruit-de-revolte.fr

     

     

     

    Un manga coréen

    Semantic Error mise sur des opposés qui s’attirent avec efficacité. Sangwoo, étudiant en informatique ultra strict, voit son quotidien complètement chamboulé par Jaeyoung, designer charismatique bien décidé à lui compliquer la vie. Entre clashs, provocations et travail en commun, leur relation glisse peu à peu vers quelque chose de plus ambigu. L’histoire fonctionne bien grâce à une tension constante entre les deux hommes et des échanges qui font mouche. Fluide, rythmé et facile à lire, ce manhwa (BD coréenne, ndr) de type Boys Love repose surtout sur la connexion du duo et sur son équilibre entre humour, agacement et attirance. Une valeur sûre dans ce registre. AM
    Semantic Error, de J. Soory, Ed. KBL, 19€95

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    A poil sur le dancefloor

    Save the date ! Le 22 mai 2026, Le Klub, célèbre antre de la scène underground parisienne, accueille une nouvelle édition de l’unique soirée clubbing naturiste française. Organisée par les collectifs Bragi Pufferfish et A222-32, cet événement invite les fêtards à laisser complexes et vêtements au vestiaire pour une immersion totale. Au programme : une sélection de DJ sets techno et house pointue dans une ambiance bienveillant distillée entre autres par Sophie Braune, Rose de France ou encore Juda La Vidange ; des performances par Pamela en personne, Guillaume et Lady Bambitch et un stand tattoo de la Pygmée. Ici, le mot d'ordre est la liberté, loin des regards jugeurs. « L’objectif est de célébrer le corps dans sa diversité », rappellent les organisateurs. Un protocole strict de consentement et l'interdiction des photos garantissent la sérénité de tous. Une expérience sensorielle où musique et peau ne font qu'un. JCP
    Beautiful Skin, 22 mai de 23h à 5h, au Klub, 
    14 rue Saint denis 75001 Paris


    Queer is fuck
    Attention, à ne pas mettre entre toutes les mains ! « Est-ce que la manière dont Sarah m’a fait jouir plaira à Luce ? » Des gestes se transmettent d’amantes en amant·es. Différents langages jouissifs se mélangent et là, pour la première fois, ça crée une tension. Ces gestes sont-ils bien destinés à cette partenaire ou y a-t-il erreur sur la personne ? Mais est-ce que ce sont vraiment les gestes le problème ? À quoi tient la sécurité affective dans leurs relations non-monogames ?
    Beaucoup de sueurs, de tendresses, de salives, de rires et de jutes imbibent ces pages. Voici la cinquième BD des éditions Labrys. Un ouvrage produit par une autrice queer car notre leitmotiv reste le même : du cul par des queers pour des queers. G

    Trempées, de Avril Avilas, Ed. Labrys, 74 pages, 23€

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le Paris Queer Festival fête ses 7 ans
    Pour sa 7e édition monumentale, le Marché Drag & Queer fait sa révolution. Changement de nom pour s’appeler désormais le Paris Queer Festival et autre lieu pour se produire les 30 et 31 mai, à savoir le Kilowatt à Vitry-sur-Seine (94). Oubliez la timidité, ici on célèbre l’audace ! Au programme : un village de 60 exposant.e.s, des masterclasses et des DJ sets volcaniques signés Discoquette ou La Turbulence. Côté scène, préparez les éventails : l’invitée d’honneur Sami Landri (Canada’s Drag Race) partagera l’affiche avec des icônes comme Kitty Space et Mlle Kiss. Entre deux shows drag légendaires et un passage au Comedy Club, le festival réaffirme sa mission : briser l'isolement et visibiliser les talents LGBTQIA+ dans une explosion de joie militante. Un rendez-vous immanquable pour faire le plein d'amour (et de looks) avant la Pride. Yaaas ! G
    Infos : parisqueerfestival.fr

     

     

     

     

     

     

     

     

    Menergy all night long
    Alors que le Gibus Club vient d’annoncer officiellement fermer ses portes fin juillet, ne ratez sous aucun prétexte le samedi 30 mai une MENERGY exceptionnelle avec Massimiliano Pagliara, une des figures majeures de la scène queer mondiale (CockTail d'Amore, le Panorama Bar , etc…). En DJ set all night long, ce rendez-vous sera la seule date à Paris de sa tournée mondiale qui célèbre 20 ans de carrière avec aussi à la clé une compilation de prods inédites. Soyez-en ! G
    instagram.com/menergyparis

     

    Le corps en débat 
    Le Palais de Tokyo bouscule nos certitudes avec les expositions Normes Corps, un événement hybride mêlant performances, rencontres et installations. Dans une époque obsédée par l’image et la performance physique, ce cycle interroge la manière dont nos anatomies sont façonnées, surveillées et parfois libérées des diktats sociétaux. À travers des regards d'artistes et de chercheurs, le centre d'art contemporain explore jusqu’au 13 septembre la frontière entre le corps « normalisé » et le corps « politique ». On y questionne l'influence des technologies, du genre et de la santé sur nos identités charnelles. Une immersion nécessaire pour déconstruire les standards esthétiques et célébrer la pluralité des existences, purger nos esprits d'un validisme toxique et des récits dominants. Un rendez-vous qui, loin des clichés, remet l'humain au centre de la matière. JCP
    Infos : palaisdetokyo.com

    Partager:

  • Derrière ce prénom un chouilla désuet se cache un festival pluridisciplinaire, inspiré par la révolutionnaire des sexes, Monique Wittig : « dans cette période où les violences systémiques s’exacerbent, où les espaces de liberté se réduisent, où les corps se crispent sur eux-mêmes, Chez Monique se veut un endroit refuge et ose encore les horizons et imaginaires grands ouverts ». Les 8 et 9 mai, on pourra picorer de tout, des trucs et des machins parmi ateliers, discussions, stands, performances, de belles propositions avec le Cirque Queer, Habibitch, Grace & Volupté Van Van.
    Programmation : chezmonique.fr.

    Bruno De
    Partager:

  • Iconique Farmer

    Isabelle Marc décortique le mythe Farmer chez Seuil, révélant comment la « diva pop » a sculpté les métamorphoses de la France. Dans cet essai riche et palpitant de la collection Traverse, Isabelle Marc déploie une écriture fluide, fuyant l’hagiographie pour une analyse chirurgical de la plus célèbre rousse du panthéon de la musique française. Elle explore comment Mylène Farmer a transcendé la simple chanson pour devenir un phénomène culturel total. Transgressive, l’artiste a imposé des imaginaires mélancoliques et originaux, profondément ancrés dans les réflexions sur le genre et la sexualité, bien avant les débats contemporains. L’autrice dissèque avec brio cette figure de diva qui, derrière ses silences médiatiques, les mystères qui l’entourent, révèle les évolutions d’une société française en quête de nouvelles représentations.

    En mêlant musicologie et sociologie, Isabelle Marc démontre que Farmer n’est pas qu’une star, mais une architecte d’un parcours hors catégorie, celui d’une star de pouvoir, d’engagements qui fascine autant qu’elle intrigue. Concept unique, Mylène Farmer nous est exposée comme jamais auparavant.  Un ouvrage percutant qui transforme la pop en un objet d’étude sérieux, indispensable pour comprendre cette icône qui défie les codes depuis quarante ans.
    Mylène Farmer, la diva pop, de Isabelle Marc, Ed. Seuil, coll. Traverse, 192 Pages, 19€

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Après le séisme des Vilaines, l’autrice argentine revient chez Métailié avec un recueil viscéral où la fureur des marges se transforme en un sacre poétique. L’écriture de Camila Sosa Villada est un organisme vivant, un mélange sidérant de crudité organique et de fulgurances baroques qui refuse tout misérabilisme. Elle ne se contente pas de décrire la marge ; elle l’incarne avec une langue au scalpel, transformant la fange en or pur.

    Au cœur de Córdoba, elle convoque parias et travestis dans un théâtre de réalisme magique où la solitude devient un rituel sacré. C’est une œuvre intime qui palpite d’une humanité désarmante, sans jamais trahir la dignité de ses corps écorchés. Si la puissance de sa voix emporte tout, le format de la nouvelle impose quelques baisses de tension, certains récits s’effleurant quand d’autres vous terrassent en trois pages. Mais cet éclat inégal n’altère en rien la force de ce cri nécessaire, prouvant que l’amour, même « idiot », reste l’ultime boussole de ceux que le monde préfère oublier.
    Je suis idiote de t’aimer, de Camila Sosa Villada, Ed. Métailié, 200 Pages, 21€.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Le spectacle Fini la comédie ! Mes confidences à Dalida s’invite à la Scène Parisienne. Deux dates pour ce seul en scène jubilatoire qui a fait preuve au Festival Off d’Avignon 2025, en galvanisant le public.

    On vous fait le pitch : Fred Faure, podologue de son état, livre son parcours intime et fantaisiste, un « hymne à l’amour qui invite à la tolérance et à l’acceptation des différences ». Sous le regard complice de sa « bonne fée Dalida », il revisite les tubes de l’icône – de Bambino à Il venait d’avoir 18 ans – liés aux étapes de son aventure humaine. En robe à paillettes, identités et préjugés s’effondrent dans un éclat de rire libérateur. Écrit par Fred Faure et Frantz Morel à l’Huissier, mis en scène par Sophie Delmas, ce théâtre musical autobiographique séduit par sa tendresse et son audace. Un show percutant, léger, énergique et efstif qui fait énormément de bien au moral.

    Rendez-vous le dimanche 12 à 16h30 et le lundi 13 avril à 19h30.
    Infos et billetterie : www.lasceneparisienne.com

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Lee Tao signe une pépite homo vibrante aux éditions Kinky. Une célébration de l’amour entre garçons qui croque la vie à pleines dents avec une audace rafraîchissante. Lee Tao bouscule les codes de la BD avec Juicy Peach, la vie est gay !. Son trait, moderne et acidulé, insuffle une vitalité folle à ce récit initiatique.

    L’écriture est vive, ponctuée d’un humour percutant qui désamorce les tabous sans jamais perdre en intensité émotionnelle. L’auteur excelle à capturer l’intimité des « petits riens », de Da-tao et Tao-Dee, un couple comme tous les autres rendant sa chronique aussi touchante que riche de sens. La force majeure de cet ouvrage réside dans sa lumière : on s’écarte des clichés sombres pour embrasser une joie de vivre communicative dans une succession de strips d’une page aux accents tantôt comiques, tantôt coquins, mais jamais éloignés de nos quotidiens, qui vous fera assurément sourire. C’est vif, incisif, attachant, et juste.

    L’énergie graphique et l’authenticité du propos emportent tout sur leur passage. L’artiste taiwanais Lee Tao livre une œuvre solaire où aucun sujet n’est mis au placard ici. Un miroir nécessaire pour une jeunesse en quête de représentations positives. 
    C’est une lecture qui pulse, rafraîchit et émeut, est méne d’une main de chef par l’un des premiers artistes asiatiques à représenter l’homosexualité dans l’espace public. Un acte politique autant qu’artistique qui est à dévorer sans modération.
    Juicy Peach, la vie est gay ! de Lee Tao, Ed. Kinky, 15€.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • À partir du 2 avril, la Philharmonie de Paris consacre une vaste exposition à la musique de jeux vidéo, de Pong à League of legends. Video Games et music, c’est plus de vingt installations interactives invitent le visiteur à traverser un demi-siècle d’innovations sonores, des bips 8-bit aux grandes fresques orchestrales.

    Parcours sensoriel et ludique, l’exposition montre comment la musique, désormais adaptative, réagit en temps réel aux actions du joueur, le transformant en musicien de sa propre partie. Entre salles immersives, dispositifs à manipuler et références cultes – de Zelda à Mario en passant par Final Fantasy – le visiteur découvre jusqu’au 1er novembre, le pouvoir narratif et émotionnel de ces bandes-son devenues emblématiques de la culture pop.

    C’est aussi l’occasion d’assister le 23 juin à un concert exceptionnel où les principaux jeux de la saga Assassin’s Creed seront interprétés en grand effectif pour une expérience unique, en musique et en images. Une odyssée qui séduira autant les gamers nostalgiques que les mélomanes curieux.
    Infos et billetterie : philharmoniedeparis.fr.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Trente ans après avoir fait scintiller le désert australien, The Adventures of Priscilla, Queen of the Desert (2026) rallume les néons d’un mythe queer. Hugo Weaving et Guy Pearce y reprennent leurs rôles cultes, entre paillettes, mélancolie et éclats de rire. Le road trip garde son humour ravageur, mais explore désormais le temps qui passe, la fierté intacte et les liens choisis. Sous les perruques et les talons, c’est la tendresse qui domine : celle d’être restés flamboyants malgré les années. Entre nostalgie et audace, Priscilla prouve que la liberté, elle aussi, ne vieillit jamais. Un retour haut en couleur à ne surtout pas manquer !

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager:

  • Du 1er au 8 avril, cette édition se place au cœur des commémorations autour des 40 ans de la lutte contre le sida et les 30 ans de la Pride bordelaise. Des voix trop souvent minorées, mais essentielles, telles que Hélène Hazéra, Nathalie Magnan, Lionel Soukaz, Didier Lestrade... Leurs trajectoires dessinent une cartographie vivante des résistances lesbiennes, gays, trans et féministes.

    À travers les regards de cinéastes d’aujourd’hui, les récits se déploient, intimes et politiques, traversés par les questions d’exil, de vieillissement, de solidarité, d’amour et d'affirmation de soi. Les romances y côtoient les violences sociales, les gestes de tendresse répondent aux mécanismes d’oppression. Et parce que les luttes ont toujours dansé autant qu’elles ont résisté, les nuits de Cinémarges vibreront de présences flamboyantes.
    festival.cinemarges.fr.

    Bruno De
    Partager:

  • Un an après le départ fracassant de Joaquin Phoenix, lâchant le tournage cinq jours avant le clap de début, on croyait De Noche définitivement englouti par les limbes des projets maudits. Todd Haynes refusait pourtant d’enterrer cette romance queer aux accents de film noir, située dans un Los Angeles des années 1930 miné par la corruption et les tensions raciales.
    L’arrivée de Pedro Pascal dans le rôle principal fait plus que combler un vide : elle redonne une colonne vertébrale star à ce mélodrame noir, financé par MK2 Films et produit par Killer Films, qui repart enfin en tournage le mois prochain. Face à Danny Ramirez, professeur de pensionnat et jeune amant du détective désabusé qu’incarne Pascal, De Noche promet un face-à-face incandescent où le désir se frotte aux violences d’une époque étrangement familière à la nôtre. Pour Haynes, ce film se veut autant chronique d’un monde gangrené que témoignage du pouvoir de l’amour à survivre aux barrières les plus écrasantes : un programme que la nouvelle coqueluche d’Hollywood semble prête à porter sur ses épaules.

    Julien Claudé-Pénégry
    Partager: