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  • Lee Tao signe une pépite homo vibrante aux éditions Kinky. Une célébration de l’amour entre garçons qui croque la vie à pleines dents avec une audace rafraîchissante. Lee Tao bouscule les codes de la BD avec Juicy Peach, la vie est gay !. Son trait, moderne et acidulé, insuffle une vitalité folle à ce récit initiatique.

    L’écriture est vive, ponctuée d’un humour percutant qui désamorce les tabous sans jamais perdre en intensité émotionnelle. L’auteur excelle à capturer l’intimité des « petits riens », de Da-tao et Tao-Dee, un couple comme tous les autres rendant sa chronique aussi touchante que riche de sens. La force majeure de cet ouvrage réside dans sa lumière : on s’écarte des clichés sombres pour embrasser une joie de vivre communicative dans une succession de strips d’une page aux accents tantôt comiques, tantôt coquins, mais jamais éloignés de nos quotidiens, qui vous fera assurément sourire. C’est vif, incisif, attachant, et juste.

    L’énergie graphique et l’authenticité du propos emportent tout sur leur passage. L’artiste taiwanais Lee Tao livre une œuvre solaire où aucun sujet n’est mis au placard ici. Un miroir nécessaire pour une jeunesse en quête de représentations positives. 
    C’est une lecture qui pulse, rafraîchit et émeut, est méne d’une main de chef par l’un des premiers artistes asiatiques à représenter l’homosexualité dans l’espace public. Un acte politique autant qu’artistique qui est à dévorer sans modération.
    Juicy Peach, la vie est gay ! de Lee Tao, Ed. Kinky, 15€.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • À partir du 2 avril, la Philharmonie de Paris consacre une vaste exposition à la musique de jeux vidéo, de Pong à League of legends. Video Games et music, c’est plus de vingt installations interactives invitent le visiteur à traverser un demi-siècle d’innovations sonores, des bips 8-bit aux grandes fresques orchestrales.

    Parcours sensoriel et ludique, l’exposition montre comment la musique, désormais adaptative, réagit en temps réel aux actions du joueur, le transformant en musicien de sa propre partie. Entre salles immersives, dispositifs à manipuler et références cultes – de Zelda à Mario en passant par Final Fantasy – le visiteur découvre jusqu’au 1er novembre, le pouvoir narratif et émotionnel de ces bandes-son devenues emblématiques de la culture pop.

    C’est aussi l’occasion d’assister le 23 juin à un concert exceptionnel où les principaux jeux de la saga Assassin’s Creed seront interprétés en grand effectif pour une expérience unique, en musique et en images. Une odyssée qui séduira autant les gamers nostalgiques que les mélomanes curieux.
    Infos et billetterie : philharmoniedeparis.fr.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Trente ans après avoir fait scintiller le désert australien, The Adventures of Priscilla, Queen of the Desert (2026) rallume les néons d’un mythe queer. Hugo Weaving et Guy Pearce y reprennent leurs rôles cultes, entre paillettes, mélancolie et éclats de rire. Le road trip garde son humour ravageur, mais explore désormais le temps qui passe, la fierté intacte et les liens choisis. Sous les perruques et les talons, c’est la tendresse qui domine : celle d’être restés flamboyants malgré les années. Entre nostalgie et audace, Priscilla prouve que la liberté, elle aussi, ne vieillit jamais. Un retour haut en couleur à ne surtout pas manquer !

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Du 1er au 8 avril, cette édition se place au cœur des commémorations autour des 40 ans de la lutte contre le sida et les 30 ans de la Pride bordelaise. Des voix trop souvent minorées, mais essentielles, telles que Hélène Hazéra, Nathalie Magnan, Lionel Soukaz, Didier Lestrade... Leurs trajectoires dessinent une cartographie vivante des résistances lesbiennes, gays, trans et féministes.

    À travers les regards de cinéastes d’aujourd’hui, les récits se déploient, intimes et politiques, traversés par les questions d’exil, de vieillissement, de solidarité, d’amour et d'affirmation de soi. Les romances y côtoient les violences sociales, les gestes de tendresse répondent aux mécanismes d’oppression. Et parce que les luttes ont toujours dansé autant qu’elles ont résisté, les nuits de Cinémarges vibreront de présences flamboyantes.
    festival.cinemarges.fr.

    Bruno De
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  • Un an après le départ fracassant de Joaquin Phoenix, lâchant le tournage cinq jours avant le clap de début, on croyait De Noche définitivement englouti par les limbes des projets maudits. Todd Haynes refusait pourtant d’enterrer cette romance queer aux accents de film noir, située dans un Los Angeles des années 1930 miné par la corruption et les tensions raciales.
    L’arrivée de Pedro Pascal dans le rôle principal fait plus que combler un vide : elle redonne une colonne vertébrale star à ce mélodrame noir, financé par MK2 Films et produit par Killer Films, qui repart enfin en tournage le mois prochain. Face à Danny Ramirez, professeur de pensionnat et jeune amant du détective désabusé qu’incarne Pascal, De Noche promet un face-à-face incandescent où le désir se frotte aux violences d’une époque étrangement familière à la nôtre. Pour Haynes, ce film se veut autant chronique d’un monde gangrené que témoignage du pouvoir de l’amour à survivre aux barrières les plus écrasantes : un programme que la nouvelle coqueluche d’Hollywood semble prête à porter sur ses épaules.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Le maître de l'horreur camp et de la satire sociale, frappe à nouveau avec The Beauty, série événement disponible depuis le 21 janvier 2026 sur Disney+. Adaptée d'un comic de Jeremy Haun et Jason Hurley, elle dépeint un virus sexuellement transmissible rendant irrésistiblement beaux... avant une combustion interne fatale. Tournée entre Paris, Venise et New York, l'intrigue mêle FBI, top models, milliardaires et savants fous dans un cocktail explosif de body horror et critique du culte de l'apparence.
    Ce thriller SF ausculte notre obsession pour la perfection physique, marchandisation des corps et dérives technologiques, dans un style bling-bling gore typique de Murphy. Tout y est : les lumières stylisées, les corps fetishisés, le doux mélange de fascination et de dégoût. Côté casting, là aussi on roule dans les brancards avec Bella Hadid, Ashton Kutcher, Isabella Rossellini, Evan Peters. Si on s’arrête sur la photo, c’est une cascade de violence graphique flirtant avec une grosse dose d'exubérance et la bonne attention qui met un agent trans dans l'épisode 6, afin d’introduire comme il se doit une réflexion sur l’identité et la norme. 
    Il y en aura de quoi satisfaire les amateurs du genre et les adeptes du réalisateur, Succès ou fiasco ? Murphy excelle une fois de plus à provoquer : The Beauty dissèque vanité et jeunesse éternelle, rappelant Sida ou ARN synthétique, mais pêche par superficialité. À voir pour son audace viscérale. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Au cœur du centre d’art flottant le Quai de la Photo, la nuit pulse encore. Avec The Beat goes on !, cinquante ans de culture clubbing se déroulent entre éclats de stroboscopes et battements de liberté. Huit photographes venus des quatre coins du monde déroulent une fresque visuelle où la fête se révèle manifeste politique, récit collectif et quête intime.
    Des clichés noir et blanc de Bill Bernstein, témoins du disco new-yorkais et de son souffle émancipateur, aux images enfiévrées de Tatiana Prieto documentant la scène queer parisienne, chaque regard raconte la même urgence : danser pour exister. Sous les néons de Karel Chladek, les corps se fondent jusqu’à ne former qu’une seule vibration. Dans les friches de São Paulo, Alexandre Furcolin capte la fierté d’une jeunesse queer réinventant ses espaces.
    Ici, la musique devient langue universelle, les genres s’effacent, les hiérarchies fondent dans la sueur. Portée par une scénographie immersive et quatre playlists à scanner, l’exposition invite à plonger dans la transe, à ressentir cette fièvre collective où la nuit, loin d’être simple divertissement, demeure un acte de résistance et de renaissance.

    Jusqu'au 24 avril 2026.
    Infos : quaidelaphoto.fr/evenement/exposition-the-beat-goes-on.

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Saluons une dernière fois le défenseur sensible des invisibles queer qu’était l'acteur américain Eric Dane. Il s'est éteint à 53 ans, fauché par la maladie de Charcot qu'il combattait depuis son annonce en 2025. Sa famille a salué son « combat courageux », entouré de son épouse et ses filles. Icône du « Dr Glamour » Mark Sloan dans Grey's Anatomy, Dane excellait dans les nuances queer. Dans Euphoria, il incarnait Cal Jacobs, père refoulant son homosexualité, un rôle qu'il voulait « sincère » : « je suis conscient d'être un hétéro jouant un gay. La communauté m'a soutenu, je ne veux pas déformer l'important ». Déjà en 2010, dans Valentine's Day, il prêtait ses traits à un athlète osant son coming out : « je suis gay, et je vais jouer ! ». Sensible, engagé, Dane humanisait les luttes LGBT, laissant un legs fluide et profond. Hollywood pleure un acteur polyvalent, pilier des invisibles. 

    Julien Claudé-Pénégry
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  • Gabriel et Léo n'ont plus qu'un rêve à réaliser pour vivre leur vie parfaite : avoir un enfant.
    Cependant, ils ont épuisé toutes les options : l'adoption prend trop de temps et la coparentalité est un vrai casse-tête.
    Alors, ils décident de se tourner vers la solution ultime : une mère porteuse. Clara est leur dernier espoir ! Mais comment être sûr de choisir la candidate parfaite ?
    Rien de plus simple : une période d'essai s'impose ! Mais voilà que débarque Catherine, la mère de Gabriel, qui ne sait pas que son fils préfère les garçons... Et c'est là que les ennuis commencent.

    Tous les mardis et mercredis à 19h30 du 20 janvier au 29 avril 2026 à  l'Apollo théâtre (18 rue du Faubourg du Temple, 75011 Paris).

    Auteur(s) : Nicolas Huan, Jérémy Boutier
    Artiste(s) : Nicolas Huan, Jérémy Boutier, Astrid Gallo, Maxime Peyron, Karine Martin, Alexandre Alsina, Emilie Favre-Bertin, Antoine Cottet, Salomé Hénon, Myriam Allais
    Mise en scène : Nicolas Huan, Jérémy Boutier.

     

    Bruno De
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  • Un tag a été apposé sur une photo présentant deux hommes portant une pancarte « not married but willing to be » (« pas mariés mais souhaitant l’être »). L’inscription au marqueur noir « Lévitique 18:22 » fait référence à un verset de l’Ancien Testament : « tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination ». L’exposition à l’église protestante Saint Guillaume réunit 30 clichés d’hommes amoureux issus de la collection américaine de Hugh Nini et Neal Treadwell, pris entre 1850 et 1950, alors que l’homosexualité était encore un délit. L’acte a été dénoncé par l’organisateur de l’exposition, tandis que le pasteur de l’église a porté plainte. Ce dernier avait déjà reçu des menaces de mort en 2023.

    Bruno De
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  • Près de trente ans après sa disparition, l’aura de Barbara reste intacte. À la BnF François-Mitterrand, l'exposition gratuite Dis, quand reviendras-tu ? Barbara et son public explore jusqu'au 7 juin 2026 le lien fusionnel, presque sacré, que la chanteuse entretenait avec son auditoire.
    Loin d'une rétrospective classique, le parcours s'appuie sur le don exceptionnel de ses archives personnelles à la Bibliothèque nationale. On y découvre des manuscrits, des costumes de scène iconiques, mais surtout une correspondance bouleversante. « Cette exposition montre que Barbara ne chantait pas pour le public, mais avec lui », souligne le commissariat de l'exposition dans les colonnes de Beaux Arts Magazine.
    Entre deux partitions de « L'Aigle noir », les visiteurs déambulent au son de sa voix singulière. l'événement souligne combien l'artiste puisait sa force dans cette « plus belle histoire d'amour » vécue sur scène. Un hommage vibrant à celle qui, selon la BnF, a transformé la chanson française en une confidence intime et collective.

    Julien Claudé-Pénégry
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